20 personnes du CPAS pourraient être licenciées à Molenbeek : “Ces mesures sont un choc”
Ahmed El Khannouss était l’invité de Bonjour Bruxelles ce vendredi matin. Il a répondu aux questions de Vanessa Lhuillier.
La commune de Molenbeek envisage de supprimer 40 emplois, dont 20 à l’administration communale et 20 au CPAS, dans le cadre de son plan de redressement budgétaire. Une annonce qui suscite l’inquiétude des organisations syndicales, mais aussi de son président, Ahmed El Khannouss. Va-t-il pouvoir continuer à fonctionner ? “On doit pouvoir assurer nos missions”, commence-t-il. “Il faut savoir qu’avant la réforme du chômage, 7300 personnes avaient besoin de nous. Aujourd’hui, ce chiffre a grimpé à 8500 personnes. Les personnes qui ont besoin du CPAS sont là et on ne peut pas avoir une rupture. Ces mesures sont un choc. Tout d’abord, pour la population avec des familles qui ont des situations très difficiles. Les communes sont déficitaires et nous subissons un définancement chronique par le Fédéral.”
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Molenbeek connaît des difficultés financières avec un trou de 4 millions d’euros à trouver. En plus de ces licenciements, les travailleurs qui restent doivent raboter leur prime de fin d’année. Comment faire avec autant de personnel en moins ? “La priorité était de ne pas affaiblir les services de première ligne”, a-t-il poursuivi. “Nous avons notamment recruté 13 assistantes sociales et elles ne seront pas impactées. Mais la structure globale va être impactée. Cela va amener plus de pression et une charge de travail supplémentaire.”
Selon lui, la dotation de la commune pour le fonctionnement de son CPAS est de 43,700 millions. “Pourtant, nous avons besoin de 51,500 millions. La commune ne peut pas nous aider davantage, on doit donc réaliser un effort commun. Je rappelle que Molenbeek est la commune la plus pauvre de Bruxelles avec le taux de chômage le plus élevé.”
Ce trou de plus de 7 millions d’euros ne sera pas comblé uniquement par les licenciements. “On va diminuer des frais de fonctionnement et un nombre d’aides qui ne sont plus finançables. Voici un exemple : on avait un service qui s’occupait de combattre la fracture numérique. Ce qui est fondamental vu la population que nous avons. Malheureusement, ce service va être réduit de manière drastique.”
À partir du 1ᵉʳ juillet, le Fédéral ne financera plus non plus le revenu d’intégration sociale qu’à hauteur de 70% (au lieu de l’intégralité). La situation financière va-t-elle encore s’aggraver ? “Je crains que oui. Les financements vont baisser pour les exclus du chômage. En plus de cela, il y a la fusion des zones de police. Elle va coûter deux millions de plus. Alors que cette zone de police nous coûte déjà 33 millions. Alors que la norme KUL n’a pas évolué depuis 27 ans. Les licenciements sont des conséquences de toutes ces mesures. Le problème majeur, c’est le sous- et le définancement.”
- Une interview d’Ahmed El Khannouss par Vanessa Lhuillier dans Bonjour Bruxelles