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Overture dominicale des commerces : “Est-ce que le client consomme plus ou change-t-il juste son jour d’approvisionnement ?”

Depuis le mois d’avril, le gouvernement fédéral a supprimé l’obligation de fermeture dominicale. Les supermarchés peuvent donc ouvrir 7j/7 et jusqu’à 21h. Et les commerçants indépendants se plaignent de ce changement de réglementation qui a un impact direct sur leurs chiffres d’affaires.

Depuis le début de cette année, le chiffre d’affaires du dimanche a augmenté de 22% dans les supermarchés selon une étude de YouGov. La part de marché du dimanche est de près de 6% et augmente un peu tous les ans. Comme si le dimanche devenait un jour comme un autre pour faire ses courses. Par contre, pour les petits commerçants, c’est l’inverse. Leurs recettes ont diminué de 5%. “Les lois précédentes nous permettaient déjà d’ouvrir le dimanche, il fallait juste fermer un autre jour de la semaine, explique Christophe Wambersie, secrétaire général du SNI. Qu’il y ait plus d’achats le dimanche, c’est logique. Mais est-ce que le client consomme plus de manière générale, car sinon il s’agit juste d’un glissement. On voit déjà une fermeture de 8% des boulangeries artisanales.” 

►Lire aussi : Les commerces alimentaires indépendants paient l’addition de l’ouverture le dimanche, s’inquiète le SNI

Actuellement, les supermarchés se réorientent en proposant d’autres services pour attirer une clientèle qui fait de plus en plus attention au contenu de son caddie. Carrefour veut utiliser l’IA pour aider le consommateur à mieux préparer sa liste de courses, Delhaize va ouvrir des points de restauration dans ses établissements, Intermarché se rapproche du consommateur. L’ouverture dominicale fait partie de cette stratégie. Tant que toutes les enseignes n’ouvrent pas le dimanche, celles qui le sont peuvent attirer une clientèle qui ne la fréquente pas habituellement, et, potentiellement, changer ses habitudes en semaine également. Seulement, cela modifie aussi l’organisation de la ville. “Ces ouvertures du dimanche peuvent provoquer plus de coûts pour les villes car il faut par exemple passer pour la propreté, ajoute Benjamin Wayens, géographe spécialisé dans le commerce à l’ULB. On a une uniformisation de la ville. Plus vous êtes généralistes, plus vous bénéficiez du glissement de la clientèle.”

Les Belges ont encore tendance à effectuer leurs grosses courses de stockage en semaine. Le dimanche, ils achètent davantage pour le jour même ou les quelques jours à venir, mais cela pourrait changer dans les années à venir.

Evidemment, ces ouvertures 7j/7 posent des questions en termes d’organisation de la vie privée pour les travailleurs. Les enseignes recourent le plus possible à des volontaires ou se tournent vers les étudiants et les flexi-jobs.

► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 17h à 19h

■ Une interview de Christophe Wambersie et Benjamin Wayens au micro de Fabrice Grosfilley et Vanessa Lhuillier dans Bonsoir Bruxelles