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Fin de la gratuité dans les académies: quel impact sur les inscriptions?

C’est l’un des points du décret-programme de la ministre de l’Education Valérie Glatigny (MR) qui vise l’enseignement francophone : la fin de la gratuité pour les enfants de moins de 12 ans inscrits dans des académies de musique et d’arts. Depuis cette année, ceux-ci devront s’acquitter des mêmes frais d’inscription que les enfants de 12 à 17 ans, soit 95 euros par an. Quelques semaines après la rentrée, certaines académies constatent une baisse des inscriptions, surtout chez les plus jeunes.

■ Reportage de Charlotte Verbruggen et Morgane Van Hoobrouck.

Onze élèves au lieu de 30 habituellement: les enfants de six ans qui découvrent les cours de musique et de théâtre sont beaucoup moins nombreux cette année à l’Académie Arthur Degreef. Habituellement, le cours est sur liste d’attente et la classe divisée en deux. Cette année, un seul groupe pour deux professeurs. “Il y a un fossé qui se crée entre les familles qui n’auraient pas forcément les moyens d’inscrire leur enfant et puis d’autres, plus privilégiées“, explique Candidice Guilini, professeur des arts de la parole. En expression corporelle pour les 7 à 9 ans, “on a carrément eu une classe vide“, précise la directrice, Savina Le Juge. “Les enfants sont les adultes de demain, et donc c’est important pour nous de continuer à les former“.

Interrogé, le cabinet de la ministre Glatigny affirme ne pas encore disposer “de données consolidées permettant de dresser un bilan complet de cette rentrée. Nous pouvons dire que de premiers éléments ne mettent pas en évidence d’écarts significatifs dans l’évolution des inscriptions, mais nous restons prudents.”

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De son côté, la directrice de l’Académie Arthur Degreef a sondé ses confrères bruxellois. Il y aurait bien une baisse des inscriptions, non pas générale, mais au niveau des classes préparatoires. Elle craint un effet boule de neige sur le long terme: “Notre enseignement est pyramidal. Il y a plusieurs années de formation et donc fatalement, si on a moins d’élèves en première, on en aura encore moins en deuxième, et ça va continuer comme ça.”

Le secteur redoute une diminution des inscriptions et donc par ricochet une diminution de ses subsides. Devant les députés en octobre de l’année dernière, Valérie Glatigny avait indiqué que les familles les plus précaires pourront continuer à bénéficier de la gratuité d’inscription. Elle a ajouté que sur les 95 euros demandés, 20 euros seront rétrocédés aux académies pour financer leurs activités.”La gratuité, ça n’existe pas. Il y a toujours quelqu’un qui paie, en l’occurrence les citoyens qui paient des impôts“, avait-elle fait valoir.