Rue de la Loi : la Région Bruxelloise teste les consignes pour canettes

C’est un nouveauté à Bruxelles : une machine à recycler les canettes. Il y en a 3 qui sont donc opérationnelles : deux  sur les campus universitaires, une à l’ ULB (au Solbosch) , l’’autre  à Alma sur le site de Saint-Luc (sous une passerelle, à l’écart, il faut la chercher un peu), la troisième se trouve sur la place de la Monnaie. Utilisation très simple, pour chaque cannette introduite on reçoit un bon de 5 centimes à utiliser dans un commerce partenaire. Pour l’instant il s’agit d’un test, ces machines sont donc en place pour 6 mois.

La région Bruxelloise n’est pas la seule à mener une telle expérience. Une opération similaire a été lancé en Wallonie, une 10 aine de communes wallonnes y participent avec plus ou moins de succès. Un débat comparable a également eu lieu l’an dernier Flandre.

Trois machines pour un million de bruxellois c’est évidemment très peu. Surtout si on compare avec les systèmes mis en place en Allemagne ou en Scandinavie. Dans ces pays-là toutes les canettes de boissons sont consignées depuis longtemps. Le consommateur paye donc une taxe à l’achat qui  lui est remboursée lorsqu’il ramène la canette au magasin.  Ce qui existe chez nous uniquement pour certaines bouteilles de bière (la “vidange”) est généralisée  à toutes les boissons dans des pays comme la Suède ou la Norvège: pour le verre, le plastique,  les canettes.  On récupère entre 15 et 20 centimes d’euros par emballage, dans certains cas  en espèce sonnante et trébuchante.  Et ca marche !  En Allemagne le taux de recyclage  des cannettes en métal atteint désormais les 98%. Les danois ont même envisagé d’étendre le système aux boites à pizza.   Aujourd’hui près de la moitié des pays de l’union européenne ont opté pour un système de consigne.

Pourquoi ce qui est possible chez nos voisins européens ne le serait pas en Belgique ? Parce que les oppositions sont trop nombreuses. D’abord du coté de la grande distribution. Installer des points de collectes avec des machines automatisées  coute cher (le leader du marché, la société Tomra, les facture à plus de  20 000 euros), les commerçants y sont donc hostiles et préviennent : s’ils sont un jour contraint de le faire ce sera au consommateur de payer la note. Mais aussi parce que nous avons mis en place un autre système de tri sélectif, par l’intermédiaire de nos fameux sacs bleus. Sortir les cannettes des sacs bleus, c’est retirer l’un des principaux attraits de ces collectes sélectives, puisque c’est en grande partie grâce aux canettes en aluminium que la filière du recyclage est rentable. Fost Plus, l’organisme qui gère ces collectes, affirme d’ailleurs que le système de la consigne est trois fois plus cher à mettre en place que les collectes séparées qui existent aujourd’hui.

Pour réellement contraindre la grande distribution à instaurer un système de consignes sur les canetes il faudrait une législation fédérale. Comme elle n’est pas prete d’arriver, les régions ont donc le champ libre pour mener leurs projets pilotes. Franchement avec un bon d’achat de 5 centimes dans une liste de magasins limité, il y a peu de chances que cela marche. C’est ce qui s’appelle se donner bonne conscience. Bien sur les deux ministres Bruxelloises qui mènent l’expérience répondent à une demande de l’opinion et dans les limites de leurs compétences régionales. Mais vu de Berlin et de Copenhague, c’est une expérience bien tardive… et si limitée qu’elle est un peu ridicule.

 

 

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09 avril 2019 - 16h34
Modifié le 09 avril 2019 - 16h34