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Les syndicats vent debout contre une réforme de la surveillance de la santé au travail

Le front commun syndical s’oppose à la réforme de la prévention médicale au travail voulue par le ministre de l’Emploi, David Clarinval (MR). La proposition “ne fera qu’augmenter le nombre de travailleurs et travailleuses en maladie de longue durée“, dénoncent les syndicats dans un communiqué jeudi. Le délai, fixé au 1er janvier prochain, est également jugé trop court.

Le projet du ministre Clarinval a été soumis pour avis au Conseil supérieur pour la prévention et la protection au travail, dans lequel siègent les syndicats. FGTB, CSC et Synova estiment que la proposition du ministre de l’Emploi “n’offre pas de garanties suffisantes pour assurer un suivi médical de qualité et protéger les travailleurs“.

Le front commun syndical fustige le fait que le rôle du médecin du travail soit réduit à un seul contact, lors de l’engagement du travailleur, et que par la suite, les missions de surveillance de la santé soient déléguées au personnel infirmier “sans que celui-ci ne dispose ni d’une formation suffisante ni des compétences spécifiques nécessaires”.

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Pour les syndicats, cette “rupture du lien direct entre le travailleur-patient et le médecin du travail” serait “préjudiciable” pour le suivi de la santé des travailleurs et “affaiblirait la surveillance des conditions de travail et des risques professionnels“. Le dépistage précoce des maladies professionnelles et problèmes de santé liés au travail serait par ailleurs compromis, selon les organisations syndicales.

Le front commun dénonce en outre une entrée en vigueur envisagée au 1er janvier. “On peut légitimement se demander comment le personnel infirmier disposera du temps nécessaire pour maîtriser ces nouvelles missions. De plus, les protocoles scientifiques, rigoureux et nécessaires à la réalisation de ces tâches, ne seront pas prêts dans un délai aussi court.”

Les syndicats relèvent que plusieurs associations professionnelles du secteur ont émis “des avis très critiques“. Ils demandent à élaborer “en collaboration avec les services de prévention, les médecins du travail et le personnel infirmier” une proposition “concertée et largement soutenue garantissant une surveillance de la santé au travail de qualité“.

Dans une réaction, le ministre Clarinval souligne que la lutte contre l’incapacité de travail de longue durée constitue l’une des priorités du gouvernement. “Une prévention ciblée et une surveillance de la santé performante y jouent un rôle particulièrement important“, estime le ministre libéral.

David Clarinval dément que l’objectif de la réforme est de réduire le rôle du médecin du travail. “Au contraire, compte tenu de la pénurie croissante et de l’élargissement continu de ses tâches, il s’agit d’utiliser son expertise de manière plus ciblée. C’est pourquoi il est proposé que la surveillance périodique de la santé, dans un cadre juridique clairement établi, puisse être effectuée par des infirmiers du travail spécialement formés à cet effet, en équipe avec les médecins du travail.”

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Le ministre rappelle que les médecins du travail seront toujours sollicités si leur expertise médicale est nécessaire. Ils conservent par ailleurs une vue d’ensemble sur les problèmes de santé individuels. “Mais ainsi ils auront davantage de temps pour assurer le suivi et proposer les mesures de prévention au niveau collectif“, ajoute le ministre. Il précise encore que la concertation poursuit son cours au sein du Conseil supérieur pour la prévention et la protection au travail.

Belga