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Finances communales à Bruxelles: pourquoi l’avenir s’annonce difficile ?

Dans son analyse annuelle, Belfius met en garde contre les difficultés financières qui attendent les communes bruxelloises, entre réformes fédérales, hausse des pensions et augmentation des taux d’intérêt.

D’après les budgets présentés cette année par 18 communes bruxelloises (à l’exception de Saint-Josse-ten-Noode, placée sous tutelle), seules deux communes affichent un déficit. C’est moins qu’en 2025 (quatre) et qu’en 2024 (dix). Malgré tout, l’avenir s’annonce très difficile sur le plan financier pour les communes bruxelloises, en raison des nombreuses réformes (chômage, zones de police, pensions des fonctionnaires, etc.), du manque de marge de manœuvre financière et de la hausse des taux d’intérêt. C’est ce qui ressort de l’analyse annuelle des finances communales réalisée par la banque Belfius.

Les 18 communes bruxelloises affichent globalement, sur la base de leur budget pour 2026, un (très léger) excédent de 4,9 millions d’euros pour l’exercice concerné. Seules deux communes présentent un déficit budgétaire, ce qui constitue une nette amélioration par rapport au passé.

Compte tenu des résultats des exercices précédents et des transferts généraux, l’excédent s’élève à 55,5 millions d’euros en 2026. Toutefois, quatre communes bruxelloises ne parviennent pas à atteindre l’équilibre budgétaire prescrit par la loi. Il s’agit principalement des communes situées dans la zone du canal et au nord-ouest de la région, comme le révèle l’étude de Belfius.

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Du côté des dépenses, il apparaît que les dépenses “courantes” des communes bruxelloises augmentent beaucoup moins (+2,5 %) cette année budgétaire que la moyenne sur cinq ans (5,9 %). Belfius note toutefois que de nombreuses communes ont sous-estimé l’inflation lors de l’élaboration de leur budget. En raison de la guerre au Moyen-Orient, cette inflation est désormais nettement plus élevée et Belfius s’attend à ce que les communes doivent probablement revoir leurs estimations de dépenses à la hausse.

Les communes bruxelloises comptent également un nombre relativement élevé de fonctionnaires statutaires (36 %), bien plus que dans les autres régions. De ce fait, les charges de retraite ne cessent d’augmenter : elles représentent déjà 15 % du total des frais de personnel et continueront de grimper pendant des années sans financement externe. “La contribution totale des communes bruxelloises au titre de la responsabilisation passerait de 47 millions en 2025 à 88,2 millions en 2031”, a calculé Belfius.

Par ailleurs, une part relativement importante (près de 40 %) des budgets communaux bruxellois est constituée de transferts destinés, par exemple, au CPAS ou à la zone de police. Ces dépenses étaient déjà (par habitant, ndlr) nettement plus élevées que dans les autres régions, et risquent d’augmenter encore davantage alors que les communes sont confrontées à d’importantes réformes. En raison, par exemple, de la limitation dans le temps des allocations de chômage, près de la moitié des habitants concernés de la Région bruxelloise ont déjà dû s’adresser au CPAS cette année. Le gouvernement fédéral prend en charge une grande partie des coûts, mais cette contribution sera progressivement réduite au cours des prochaines années. Les communes bruxelloises devront également fusionner leurs zones de police, même si l’impact financier de cette mesure reste encore incertain.

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Les communes bruxelloises ont vu leur dette augmenter ces dernières années, passant de 2,5 milliards d’euros en 2020 à 3,5 milliards en 2025. Belfius note que cette hausse reste relativement stable par rapport aux recettes (plus élevées) et qu’elle est donc “tout à fait acceptable”. La hausse des taux d’intérêt a toutefois déjà entraîné une forte augmentation des charges de la dette ces dernières années (+175 %) et celle-ci risque de s’accentuer encore davantage.

Du côté des recettes, il apparaît que les communes bruxelloises dépendent beaucoup plus (60 %) de leurs propres recettes fiscales et de leurs prestations que les autres régions. Ces recettes augmentent respectivement de 7,5 % et 6 % dans les budgets de 2026. Dans neuf communes, le précompte immobilier augmente, tandis que trois communes relèvent le taux de l’impôt complémentaire sur le revenu des personnes physiques. Les recettes provenant du Fonds communal et d’autres subventions restent quant à elles limitées à 35 % pour les communes bruxelloises et n’augmentent que de 1,2 %.

À noter : de nombreuses communes bruxelloises éprouvent des difficultés à percevoir leurs recettes fiscales ; elles sont confrontées à de nombreuses créances impayées, ce qui pèse sur leur trésorerie. La marge de manœuvre pour générer des recettes supplémentaires à l’avenir est sous pression, selon Belfius.

Belga – Photo : Belga Image