“Parfois, la police manque de discernement” admet un policier et délégué permanent CGSP Police
Alors que de nouveaux affrontements ont éclaté ce lundi devant la gare du Midi, Patrick Baus, délégué permanent CGSP Police était l’invité de Fabrice Grosfilley dans Décodage.
Des centaines de personnes ont affronté les forces de l’ordre ce lundi après-midi. Plusieurs véhicules ont été incendiés. Depuis le début de la journée et à ce stade, la police a procédé à une dizaine de privations de liberté judiciaires, dont neuf concernent des mineurs. Plusieurs arrestations administratives ont également été effectuées.
En ce jour de grève dans les services publics et alors que le mouvement des étudiants se poursuit, des appels au rassemblement avaient été lancés sur les réseaux sociaux. Patrick Baus a expliqué que la police suit également ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Elle a tenté de dissuader ces rassemblements et s’attendait à des débordements. Selon le délégué permanant CGSP “il faut distinguer les manifestants des casseurs“. Pour lui, ces derniers “représentent un problème de société auquel la police ne peut pas répondre. La réponse judiciaire n’est pas à la hauteur car il n’y a pas de place en IPPJ. Les casseurs sont immédiatement relâchés, cela crée un sentiment d’impunité“.
À propos des moyens utilisés par la police, le délégué syndical a concédé que, parfois, la police manque de discernement. D’après lui, il y a un manque de communication pendant les interventions. Il a rappelé qu’à l’époque de la gendarmerie, il y avait des policiers en civil qui marchaient aux côtés des manifestants. Le risque d’une réponse policière disproportionnée est de dissuader la population de manifester. Or, faire entendre sa voix dans la rue reste un droit fondamental dans une démocratie.