Budget bruxellois: “Ce n’est pas parce que vous prenez quelques mesures positives que l’ensemble n’est pas de l’austérité !”
Le gouvernement bruxellois a enfin bouclé son budget 2027. Des économies qui devraient ramener le déficit régional à 719 millions d’euros. Mais des économies à quel prix ? Et ces dernières sont-elles réalistes ? On en parle avec nos invités : Alain Dennef, chef de groupe au Parlement bruxellois pour Les Engagés, et Françoise De Smedt, cheffe de groupe au Parlement bruxellois pour le PTB.
Depuis l’annonce de l’accord, la majorité se félicite de discussions qui ont porté leurs fruits. Côté opposition, les critiques ne manquent pas.
On peut notamment noter les critiques formulées par Ecolo via Zakia Khattabi. La présidente du groupe au Parlement bruxellois dénonce un ” budget totem” et parle d’une trajectoire d’économies “austère” et ” pas suffisamment documentée”. Même son de cloche du côté de DéFI, qui estime que toutes les mesures annoncées restent floues.
Pour le PTB, ces mesures d’économie riment avec austérité. “ Il faut regarder cet accord budgétaire dans sa globalité. Ce n’est pas parce que vous prenez quelques mesures positives que l’ensemble n’est pas de l’austérité ! “
Pour la cheffe de groupe PTB, “Bruxelles est en déficit parce que Bruxelles a beaucoup de compétences et de besoins. Normalement, il existe des mécanismes de solidarité qui viennent du Fédéral, mais ces mécanismes ne suffisent pas à répondre aux besoins des Bruxellois.”
Gilles Verstraeten, chef de groupe N-VA, estime qu’au lieu de faire des économies avec ce budget, on risque plutôt de faire des dépenses supplémentaires. Pour lui, on pourrait réellement réaliser des centaines de millions d’euros d’économies avec une réforme de l’administration.
Au sein même de la majorité, il y a des sensibilités différentes sur la manière dont toutes ces économies peuvent être réalisées.
Pour le PS, qui se présente comme un ” bouclier social “, on ne doit pas toucher à Bruxelles-Propreté, aux communes, à la STIB ou encore aux CPAS.
Au sein du MR, il y a des tensions autour du financement de la SLRB. Georges-Louis Bouchez a affirmé qu’aucun accord n’avait été donné sur la libération des 131 millions d’euros qui ont pourtant été évoqués dans l’accord budgétaire.
“J’ai un doute pour la raison suivante : je crois aux mesures que nous prenons, je pense que nous allons les prendre. Mais il y a, dans un budget, quelque chose qu’il ne faut jamais perdre de vue : ce sont les effets retour. C’est-à-dire que, quand vous faites un budget, vous vous dites qu’il va y avoir des dépenses ici, des recettes par là. Mais il pourrait y avoir des effets induits, notamment par la mise à l’emploi. ” affirme Alain Deneef.