Anderlecht devient plus peuplée que Schaerbeek: quelles sont les communes où la population a augmenté en 2025 ?
En 2025, la population a augmenté dans neuf communes et diminué dans dix autres. C’est Anderlecht qui a vu sa population le plus augmenter (+876 habitants). Elle devient ainsi la deuxième commune la plus peuplée de la Région, derrière la Ville de Bruxelles et devant Schaerbeek.
Pour la première fois depuis 30 ans, la population a stagné en 2025 en Région bruxelloise, ressort-il des données publiées mercredi par l’Institut bruxellois de statistique et d’analyse (IBSA). Cette stagnation s’explique par la baisse des arrivées depuis l’étranger et par les nombreux départs vers la Flandre et la Wallonie. Au total, la Région bruxelloise comptait 1.255.834 habitants au 1er janvier 2026.
Au cours de l’année 2025, la population n’a augmenté que dans 9 des 19 communes bruxelloises, soit largement moins qu’au cours des dernières décennies. Il n’y a qu’à Etterbeek, une commune qui avait connu une diminution non négligeable de sa population en 2024, que l’augmentation atteint le pourcent (+1,0 %) en 2025, soit 507 habitants supplémentaires. Néanmoins, c’est à Anderlecht que la croissance absolue a été la plus importante : 876 habitants supplémentaires, soit environ +0,7 %.
Elle atteint les +0,4 % à Forest et à Uccle. Enfin, elle est très faible à Evere et dans la Ville de Bruxelles (+0,2 %), et presque nulle à Ganshoren et les deux Woluwe.
La population a diminué dans dix communes en 2025, et plus particulièrement à Koekelberg (-401 habitants, soit -1,7 %, la diminution relative la plus importante), à Ixelles (-735 habitants, la diminution absolue la plus importante, soit -0,8 %).
La commune de Schaerbeek perd à nouveau des habitants en 2025 (-497 habitants, soit -0,4 %), et est désormais moins peuplée qu’Anderlecht : 129 278 habitants à Schaerbeek et 129 600 à
Anderlecht. Cette dernière occupe donc désormais la seconde place dans le palmarès des communes bruxelloises les plus peuplées, juste derrière la Ville de Bruxelles.
Tout comme au niveau de la Région bruxelloise dans son ensemble, l’évolution de la population de chacune des 19 communes au cours de l’année 2025 est le fruit de mouvements naturels et migratoires différenciés entre communes.
Plus de décès que de naissances dans trois communes
Le solde naturel relatif (à savoir la différence entre les naissances et les décès) est positif dans 16 des 19 communes en 2025. Il est lié à la structure par âge de chacune des communes : là où il y a proportionnellement plus de personnes âgées, la mortalité est plus importante et la natalité, souvent plus faible. Le solde y sera faible, voire négatif. Au contraire, là où il y a proportionnellement plus de jeunes, la mortalité est plus faible, et la natalité, souvent plus élevée. Le solde y sera élevé.
Il est le plus important dans les communes de première couronne du nord (Schaerbeek et Saint-Josse-ten-Noode, où il dépasse chaque fois les +7 ‰), et est moindre en seconde couronne, notamment à Woluwe-Saint-Pierre, à Uccle et à Watermael-Boitsfort (-1,2 ‰). Dans ces trois dernières communes, il y a eu plus de décès que de naissances en 2025.
Mais ce solde naturel ne dicte pas à lui seul le taux de croissance de la population d’une commune. Le solde migratoire interne (au sein de la Belgique) et le solde migratoire international ont également un impact important.
Le solde migratoire interne seulement positif à Uccle
Au total, le solde migratoire interne n’est positif que dans une seule commune en 2025. Ainsi, il n’y a qu’à Uccle où il y a plus d’arrivées que de départs vers la Flandre et la Wallonie. Partout ailleurs, les départs sont plus nombreux que les arrivées. “C’est un phénomène assez classique que l’on observe dans la plupart des villes européennes ou américaines : la ville a tendance à s’étaler dans l’espace“, analyse Jean-Pierre Hermia, démographe et géographe à l’IBSA. “Des gens quittent la ville pour aller s’installer en périphérie, notamment pour accéder à la propriété ou pour avoir un logement plus adapté à leur ménage. Ce phénomène a commencé après la Seconde guerre mondiale avec le développement de l’automobile.”
C’est particulièrement le cas pour les communes de première couronne que sont Koekelberg, Saint-Gilles, Ixelles et surtout Saint-Josse-ten-Noode, où le solde migratoire interne relatif atteint -38,6 ‰.
Le solde migratoire international seulement positif à Watermael-Boitsfort
La Région bruxelloise est globalement attractive par rapport à l’étranger en 2025 : il y a eu beaucoup plus d’arrivées depuis l’étranger que de départs. Globalement, ce sont les communes centrales et de première couronne vis-à-vis desquelles il y a le plus d’échanges internationaux.
À l’exception de Watermael-Boitsfort, le solde migratoire international est positif pour toutes les communes bruxelloises en 2025. Cela veut donc dire que pour chacune des 18 autres communes, il y a plus d’arrivées depuis l’étranger que de départs.
C’est d’autant plus le cas pour les communes de première couronne que sont Etterbeek, Saint-Josse-ten-Noode et surtout Saint-Gilles (+24,2%). Dans ces trois communes, la présence de ressortissants européens est particulièrement importante : bon nombre d’entre eux travaillent dans le giron des institutions européennes et internationales.
V.d.T. – Photo : Belga/BX1