Faut-il augmenter les loyers des logements sociaux ? “S’attaquer aux populations vulnérables en augmentant les loyers n’est pas la solution”
A Bruxelles, la demande de logements sociaux reste largement supérieure à l’offre. Actuellement, plus de 60.000 ménages sont inscrits sur liste d’attente, avec un délai d’attente moyen de 11 ans. Géré par la SLRB et ses 16 sociétés immobilières de service public, les logements sociaux risquent d’avoir un loyer plus élevé que d’habitude. Arnaud Van Praet, président du logement social à Etterbeek et Nina Welcomme, conseillère juridique au FéBul sont revenus sur le sujet ce vendredi soir dans Bonsoir Bruxelles.
La demande de logements sociaux ne cesse de progresser à Bruxelles. Au 31 décembre 2025, 62.234 ménages étaient inscrits sur la liste d’attente, un niveau record et en hausse de 25 % en six ans. Selon le type de logement recherché, le délai d’attente se situe en moyenne entre neuf et treize ans. Le chiffre donne une idée de l’écart entre l’offre et la demande : le parc bruxellois compte environ 42.000 logements sociaux. Ces logements sont gérés par la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SLRB), en collaboration avec ses 16 sociétés immobilières de service public (SISP).
Le logement social est attribué aux ménages qui répondent aux conditions d’admission fixées par la réglementation bruxelloise. Le loyer est notamment lié aux revenus du ménage. En 2024, le loyer moyen d’un logement social était de 412 euros par mois, un prix susceptible de changer. Le ministre bruxellois du budget, Dirk De Smedt (Anders) avait évoqué une potentielle augmentation, une déclaration que comprend Arnaud Van Praet : “Cela fait presqu’une quinzaine d’années qu’on réfléchit à revoir le calcul et le modèle des loyers à Bruxelles. Aujourd’hui, la situation financière requiert de réfléchir à faire des efforts, et le logement social en est une. Il est question ici de voir si on ne peut pas avoir une meilleure contribution des locataires dans le logement qu’ils occupent “, explique le président de la société de logements sociaux Log’Iris à Etterbeek.
“On doit veiller à ce que la Région dispose de financements suffisants pour, par exemple, payer l’allocation-loyer, qui aide concrètement les personnes aux revenus modestes rencontrant des difficultés à se loger“, ajoute-t-il.
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Autre difficulté : tous les logements sociaux existants ne peuvent pas être immédiatement attribués.
Au 31 décembre 2024, 11 % du patrimoine de logements sociaux était inoccupé. Parmi ces logements, 67 % étaient en rénovation ou programmés pour une rénovation, tandis que les 33 % restants étaient en phase de rafraîchissement entre deux locataires ou d’attribution. La rénovation constitue donc un enjeu important pour augmenter rapidement le nombre de logements effectivement disponibles. En 2024, les 16 SISP ont réalisé 5.669 rénovations. Pour la FéBul, il n’est pas question d’augmenter les loyers à Bruxelles, l’objectif serait d’exploiter au mieux certains terrains: “Les chiffres à Bruxelles sont assez catastrophiques : on dispose d’un parc de logements sociaux de 7 %, quand on compare avec Paris, où l’on est à 25 %, c’est extrêmement peu. On assiste à une paupérisation de la population avec les politiques actuelles. S’attaquer aux populations vulnérables en augmentant les loyers n’est pas la solution. ” Nina Welcomme, conseillère juridique au Fébul. “Il faut réguler les loyers des marchés privés” déclare-t-elle.
400 millions d’euros de promis
Le financement du logement social constitue également un enjeu majeur.”Il est nécessaire qu’on essaie de sortir l’activité du logement social et de la SRLB de la consolidation régionale, parce qu’on y investit beaucoup et qu’on emprunte beaucoup pour financer la politique du logement social. Les sociétés sont fiables pour préserver et sauvegarder l’outil du logement social. ” explique Arnaud Van Praet, président du logement social à Etterbeek. L’accord de gouvernement bruxellois prévoit une recapitalisation de la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale à hauteur de 400 millions d’euros sur quatre ans. Une première tranche de 131 millions d’euros est au cœur des tensions actuelles entre partenaires du gouvernement : le MR a menacé d’en bloquer le versement tant que la situation au Foyer anderlechtois ne serait pas réglée.
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Le financement doit notamment permettre à la SLRB de poursuivre ses missions dans un contexte où le secteur doit à la fois rénover son parc existant et développer de nouveaux logements. ” ” Arnaud Van Praet.
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■ Une interview d’Arnaud Van Praet et Nina Welcomme au micro de Fabrice Grosfilley et Jamila Saidi M’Rabet dans Bonsoir Bruxelles