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Fonds pour la sécurité à Bruxelles: “À ma connaissance, il n’y a pas eu de demande de remboursement”, assure Vervoort

Invité de Bonsoir Bruxelles, Rudi Vervoort conteste les accusations de Denis Ducarme sur l’usage des fonds fédéraux dédiés à la sécurité.

La Région bruxelloise est-elle coupable “d’un dévoiement de moyens“, concernant de l’argent du fédéral destiné à la sécurité dans la capitale ? C’est ce qu’affirme fermement le député fédéral Denis Ducarme. Rudi Vervoort, ministre-président bruxellois de l’époque, conteste : “Ce à quoi il est fait référence nous est inconnu“, assure-t-il sur le plateau de Bonsoir Bruxelles. “Je rappelle que ces versements se sont toujours effectués après un accord entre le fédéral et la région bruxelloise”, dit-il encore.

Rudi Vervoort dit ignorer toute demande de remboursement adressée à la Région : “À ma connaissance, il n’y a pas eu de demande de remboursement“, affirme-t-il, tout en reconnaissant l’existence de discussions et de demandes de justification dans le cadre de la procédure annuelle, “c’est dans tous les domaines qu’on fonctionne comme ça. La sécurité, c’est logique, n’y échappe pas.”

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Le socialiste est revenu point par point sur toutes les accusations, notamment celle du centre de cybersécurité “fantôme”. Selon lui, Bruxelles a financé pendant plusieurs années le cybercentre fédéral de la police judiciaire, “vu l’absence de financement par le ministère de tutelle“. “Pour pouvoir mettre ce cybercentre à niveau, nous n’avons pas hésité une seule seconde. Nous l’avons financé pendant plusieurs années pour plusieurs millions d’euros. En bout de course, ils ne parvenaient plus à justifier précisément un montant de dépense, que nous avons retransféré dans le pot commun.”

En ce qui concerne le voyage à Disneyland qui aurait été financé avec les fonds FSE, Rudi Vervoort “cherche toujours“. Le député assure ne pas avoir connaissance de ce voyage, mais refuse d’affirmer que la dépense n’a jamais existé puisqu’il dit ne pas pouvoir le démontrer.

“Sécurité et prévention”

Rudi Vervoort assume néanmoins certaines dépenses faites avec ce fonds, notamment le financement de certains projets sociaux, dont des logements. Selon lui, les travaux préparatoires de 2002 associaient déjà les enjeux de sécurité à la nécessité de lutter contre la dualisation sociale entre les quartiers européens et le reste de Bruxelles. En 2011, l’intitulé du fonds a été élargi pour couvrir des dépenses “liées à la sécurité découlant de l’organisation des Sommets européens à Bruxelles, ainsi que des dépenses de sécurité et de prévention en relation avec la fonction de capitale nationale et internationale de Bruxelles”.

“Dans l’intitulé, c’est mis ‘prévention et sécurité’. On ne peut pas nous reprocher de remplir l’obligation, le contrat que nous signons“, défend-il. Il estime ainsi que des investissements dans le logement social pouvaient entrer dans cette logique, notamment dans les quartiers difficiles. Il précise toutefois que ces dépenses ne sont plus financées aujourd’hui par cette enveloppe.

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Sur le fond, Rudi Vervoort dénonce “un mauvais procès“. Il y voit l’illustration d’une divergence de point de vue entre le MR et le PS sur les fonds alloués à la sécurité et à la prévention. “Il y a une volonté dans sa formation politique de réorienter exclusivement ces fonds-là vers des politiques de sécurité. (…) Je pense que c’est une mauvaise méthode, parce qu’en supprimant toutes les politiques de prévention, il va falloir trouver des budgets quelque part. Donc, si on les supprime au niveau du fédéral, la Région devra bien, à un moment donné, suppléer.”

Des auditions à la Chambre auront malgré tout lieu, à la demande de Denis Ducarme. Cela n’inquiète “pas du tout” Rudi Vervoort. Y participera-t-il si le Parlement le lui demande ? “On verra“.

Rudi Vervoort a également parlé du musée Kanal et de ses futurs administrateurs.

■ Interview de Fabrice Grosfilley