Procès Matonge : la défense dénonce un “amateurisme” du parquet, le procureur du Roi répond
Au procès du trafic de drogue à Matonge, la défense conteste l’absence de photos au dossier, le parquet assurant qu’elles existent mais restent confidentielles.
Il y avait une “volonté” de ne pas produire les images pourtant nécessaires dans ce dossier, a soutenu Me Guillaume Lys mardi devant le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles, chargé de juger 46 prévenus pour la vente et la détention d’une quantité indéterminée de stupéfiants entre 2022 et 2025 dans le quartier Matonge, à Ixelles. L’avocat défend le principal inculpé de ce dossier (M.B.W.B.), contre lequel le ministère public requiert 10 ans de prison pour un rôle présumé de dirigeant de l’organisation criminelle.
Alors que l’ensemble des plaideurs répète à la présidente du tribunal, Anne Martin, que le dossier ne contient aucune photo qui prouverait l’existence d’un trafic de stupéfiants dans ce quartier de Bruxelles, Guillaume Lys a relevé mardi qu’il en existait tout de même au moins une, prise à l’intérieur de la galerie commerçante.
“Ceci prouve qu’il n’était pas impossible pour les enquêteurs de prendre des photos sur place“, a poursuivi l’avocat. “Et s’il était possible pour les enquêteurs d’en prendre, alors il fallait les joindre au dossier répressif.”
► Lire aussi | Procès Matonge: certains avocats remettent en cause la méthodologie des enquêteurs
Dénonçant un “amateurisme” du parquet dans cette affaire, Me Guillaume Lys a rappelé que dans d’autres dossiers de stupéfiants, la police mettait des planques sous écoute pour obtenir des preuves étayées d’une infraction, ce qui n’était pas le cas dans le procès dit “Matonge”.
Sur ce point, le procureur du Roi Jérôme Marechal a répliqué que les photos existaient bel et bien, mais qu’elles restaient “confidentielles” pour protéger les individus qui ont accepté qu’un dispositif technique soit placé par la police dans leur habitation. Le procureur s’est dit “étonné” que des avocats chevronnés n’aient pas compris cela et plaident, depuis une semaine, que les photos manquent au dossier.
Quarante-six prévenus sont poursuivis pour la vente et la détention d’une quantité indéterminée de cannabis et cocaïne, menée en association dans le quartier Matonge, à Ixelles, entre 2022 et 2025. Le parquet requiert 30 mois d’emprisonnement pour les supposés membres et 40 mois pour les dirigeants présumés de l’association active dans la vente de stupéfiants.
En aveu de sa participation à la vente de stupéfiants, M.B.W.B. conteste le rôle de dirigeant de l’organisation criminelle.
Belga – Photo : Belga Image