Barème fictif des enseignants : la CGSP affirme ne pas avoir été informée de son application
Barème “fictif”, charge de cours alourdie dans le secondaire supérieur et propos contestés de la ministre Valérie Glatigny… La rentrée 2026 a commencé sur les chapeaux de roues dans l’enseignement francophone. Le sujet des fiches de paie de septembre a une nouvelle fois illustré le fossé qui se creuse entre le monde enseignant et le politique. Un fossé qui s’est fait ressentir lors du débat de Bonsoir Bruxelles, ce mardi soir, entre Valérie De Nayer, secrétaire communautaire de la CGSP Enseignement, et Aline Godfrin, députée MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Depuis septembre, certains enseignants ont découvert sur leur fiche de paie un barème annuel brut inférieur à celui affiché auparavant. En cause, l’application du plafonnement de l’indexation décidé au niveau fédéral pour les rémunérations supérieures à 4.000 euros bruts par mois. Pour un temps plein concerné, l’augmentation est limitée à 80 euros bruts mensuels. Pour appliquer cette mesure, l’administration de la Fédération Wallonie-Bruxelles a utilisé un “barème fictif”. Selon le cabinet de la ministre Valérie Glatigny, il ne s’agit pas d’une modification des barèmes statutaires et ce procédé n’aurait pas d’impact sur l’ancienneté ou la pension.
Une explication qui n’a toutefois pas convaincu les syndicats. Sur le plateau de Bonsoir Bruxelles, Aline Godfrin défend la méthode : “Sur le plan administratif, c’était la voie la plus rapide et la plus solide pour appliquer la mesure à partir de ce mois-ci. Mais il y a bien une augmentation nette de 80 euros brut par mois“. La députée MR reconnaît néanmoins que les inquiétudes des enseignants sont légitimes. Elle affirme que l’information sur la mesure aurait été transmise aux représentants syndicaux dans le cadre du Comité A, et explique qu’une information individuelle détaillée n’aurait pas pu être envoyée à chaque enseignant compte tenu de la diversité des situations.
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Un point vivement contesté par Valérie De Nayer. Pour la représentante de la CGSP Enseignement, le Comité A n’est pas l’instance compétente pour le secteur de l’enseignement francophone. “Le Comité A, c’est l’instance de concertation entre le gouvernement fédéral et les organisations syndicales“, rappelle-t-elle. Pour l’enseignement, l’instance de référence est, selon elle, le secteur 9, où elle affirme qu’aucune information n’a été communiquée sur la manière dont la mesure allait être appliquée. La syndicaliste conteste donc l’affirmation selon laquelle les représentants de l’enseignement auraient été informés en amont. Selon le cabinet de la ministre Glatigny, certains représentants auraient reçu un courriel, mais que la représentante CCGSP affirme : “Nos représentants à nous n’ont rien reçu ».
Valérie De Nayer avance également une autre accusation. Selon une information qu’elle dit avoir reçue d’un membre de l’administration, les services chargés du paiement des rémunérations auraient préparé une explication destinée à la ministre Valérie Glatigny, mais celle-ci aurait refusé qu’elle soit envoyée. Elle affirme par ailleurs que les enseignants néerlandophones auraient, eux, reçu une explication préalable. Ces éléments relèvent toutefois du témoignage de la représentante syndicale et n’ont pas été confirmés indépendamment.
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Au-delà du barème, c’est donc surtout la question de la communication et de la concertation qui cristallise les tensions. Aline Godfrin estime qu’il faut répondre aux inquiétudes et rappelle que la mesure découle d’une décision fédérale visant à limiter certaines dépenses. Valérie De Nayer considère, elle, que l’absence d’information claire avant l’arrivée des fiches de paie a alimenté la colère.
Et le conflit ne devrait pas s’arrêter là. Les syndicats ont prolongé leur préavis d’actions jusqu’au 16 octobre, avec de nouvelles mobilisations régionales annoncées à partir du 1er octobre.
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■ Une interview de Valérie De Nayer et Aline Godfrin au micro de Fabrice Grosfilley et Jamila Saidi M’Rabet dans Bonsoir Bruxelles