Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles : Degryse reconnaît la “colère et la déception” face aux économies, mais “assume”
La ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Elisabeth Degryse (Engagés), a assuré samedi comprendre la colère sociale suscitée par les récentes mesures d’économies adoptées par son gouvernement.
“C’est normal. L’expression d’une divergence de vue est saine dans une démocratie. Nous avons dû prendre des décisions difficiles, elles ont pu susciter de la colère et de la déception“, a reconnu Mme Degryse en ce jour de fête pour la Fédération Wallonie-Bruxelles.
“Nous en sommes conscients. Mais nous assumons“, a ajouté la ministre-présidente lors de la cérémonie organisée dans la salle gothique de l’hôtel de ville de Bruxelles devant quelque 300 personnes représentant les différentes autorités du pays.
Elle a rappelé que cet effort avait pour but d’assurer “la viabilité” de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
La FWB a annoncé l’an dernier une batterie de mesures d’économies tous azimuts afin de réduire son déficit chronique, déclenchant un large mouvement de contestation, dans l’enseignement plus particulièrement.
Elisabeth Degryse a consacré le reste de son intervention aux nombreux défis posés par l’arrivée de l’intelligence artificielle, avec notamment le risque de l’émergence d’un univers lisse et uniformisé. “Alors aujourd’hui, dans ce monde de plus en plus formaté pour être homogène, n’ayons pas peur de valoriser nos différences et de protéger nos aspérités“, a plaidé la centriste. “Soyons acteurs de cette révolution, car elle a ouvert et ouvre encore des perspectives intéressantes, mais portons et défendons nos particularités. Ne laissons pas les machines et les algorithmes formater nos vies“, a-t-elle ajouté.
Intervenant juste avant la ministre-présidente, le président du Parlement de la FWB, Benoît Dispa (Engagés), a, lui, exprimé ses vives craintes par rapport à la résurgence de l’extrême droite et à la dérive autocratique observée dans certains pays, dont les États-Unis. “Cette érosion démocratique se nourrit aussi de nous-mêmes“, a averti Benoît Dispa. “Quand l’avenir n’offre aux jeunes, pour seule promesse, que l’annonce de catastrophes climatiques ou de périls géostratégiques, et que la politique paraît incapable de répondre à leurs angoisses, la confiance recule, forcément. Et une démocratie sans confiance ne tient plus que par habitude “, a-t-il insisté.
Pour inverser cette tendance et préserver la démocratie, Benoît Dispa a plaidé samedi pour une plus grande défense des journalistes et de la presse, l’importance de l’éducation, la promotion de l’action citoyenne, ainsi que le nécessaire “réenchantement” de l’activité parlementaire et de l’exercice de la démocratie.
Après une année marquée par de vifs affrontements entre majorité et opposition sur les mesures d’économies, ainsi que sur la manière dont elles ont été adoptées, Benoît Dispa a appelé à des relations plus pacifiées et respectueuses entre élus. “L’agressivité, la violence, la polarisation atteignent des niveaux alarmants. Cette brutalisation du débat public fracture notre société, favorise la montée des extrêmes et menace notre cohésion“, a-t-il encore mis en garde. Il a annoncé à cet égard sa volonté d’entamer une large réflexion sur une éventuelle adaptation du travail parlementaire.
Belga