Société : “Il n’y a pas mille solutions, il faut remettre les gens en lien”
Comment expliquer la peur, le sentiment d’isolement et l’impuissance qui poussent une partie de la population vers le repli ? C’est la question au cœur de l’ouvrage Sortir des passions tristes, publié par la fondation Ceci n’est pas une crise. Pour en parler, Fabrice Grosfilley a reçu dans Bonsoir Bruxelles Jérôme Van Ruychevelt Ebstein, conseiller politique de la fondation.
Mais que sont ces passions tristes ? “Des gens qui ont peur, qui ont des ressentiments, qui se sentent isolés, qui ne comprennent pas ce qui se passe pour eux aujourd’hui”, explique Jérôme Van Ruychevelt Ebstein. La fondation s’intéresse notamment aux populations attirées par des projets de société fondés sur le repli ou l’exclusion. “Les manifestations sont diverses : ce sont à la fois des complotistes, des personnalités antisystème, mais c’est aussi l’extrême droite.”
L’ouvrage propose également des pistes pour répondre à ce phénomène. “Qu’est-ce qui permet aux gens de sortir de l’isolement ? Qu’est-ce qui permet aux gens de comprendre leurs difficultés personnelles dans des contextes collectifs ? En fait, il n’y a pas mille solutions. Ce sont essentiellement tous les projets qui vont mettre les gens en lien.”
Pour Jérôme Van Ruychevelt Ebstein, l’une des causes se trouve aussi dans l’individualisation de nos sociétés : “Les individus sont responsables d’eux-mêmes et, du coup, on déstructure tout l’État social qui organise la protection collective.” Pour la fondation, recréer du lien et du collectif constitue donc l’une des pistes pour répondre au repli sur soi.
■ Revoir l’interview complète de Jérôme Van Ruychevelt Ebstein dans la vidéo ci-dessus