Jean-Michel Le Moine prend sa retraite après 20 ans à la tête de la section criminelle à Bruxelles: “C’est un métier en or”
Après plusieurs décennies dans la police judiciaire, Jean-Michel Le Moine revient sur les moments forts de sa carrière, les dossiers qui l’ont marqué et son regard sur la capitale.
■ Reportage de Toon Hendrikx pour BRUZZ
“Je suis très ému parce que j’ai passé la plus grande partie de ma vie ici avec des personnes merveilleuses.” Dans son bureau, Jean-Michel Le Moine s’apprête à tourner la page de près de quarante ans de carrière à la police judiciaire fédérale de Bruxelles. Il a notamment dirigé pendant 20 ans la section des crimes graves, la “Crim”, qui compte aujourd’hui 65 membres. Il se confie sur son parcours à BRUZZ.
Au cours de sa carrière, il a travaillé sur plusieurs affaires de meurtre, mais aussi sur les constatations après les attentats de Bruxelles. Pour lui, l’enquêteur doit toujours pouvoir se remettre en question. “Est-ce que je suis bien dans la bonne piste ? Tout ça, ça fait partie du travail au quotidien.” Il accorde aussi une place importante à l’humain : “La sensibilité est une force pour moi. C’est ça qui est lié à l’empathie, à la compréhension, à l’écoute, à l’observation des personnes.”
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Connu du grand public depuis 2003 grâce au documentaire signé Strip-Tease, “Poulet Frites”, Jean-Michel Le Moine quitte la police avec un regard positif sur son parcours. “C’est un métier en or. Un métier où j’ai beaucoup donné, mais j’ai beaucoup reçu aussi.”
Son successeur a désormais été désigné. Sa collègue Louise Meire prendra la tête de la Crim. “C’est la personne idéale pour ce poste”, estime-t-il.
Et lorsqu’on lui demande s’il laisse Bruxelles dans un meilleur état qu’il ne l’a trouvée, sa réponse est sans détour : “Objectivement, non.” Mais il veut malgré tout garder espoir. “Il y a une volonté de vivre ici qui est extraordinaire. Il y a des talents, de la diversité, de la jeunesse. La jeunesse, c’est l’avenir. Bien sûr qu’il faut y croire.”
La rédaction – Photo : BRUZZ