Elke Van den Brandt veut durcir les règles pour les trottinettes privées : “C’est crucial”
En cette semaine de la mobilité, la ministre Elke Van den Brandt (Groen) était l’invitée de Bonsoir Bruxelles. L’occasion de faire le bilan de sa politique de mobilité dans la capitale.
La mobilité à Bruxelles reste un sujet qui divise, mais la ministre Elke van den Brandt défend un bilan qu’elle juge positif, malgré les critiques. “Je pense qu’il y a eu beaucoup de changements. La marche est devenue le premier mode de déplacement. Le nombre de cyclistes a triplé à Bruxelles. On voit que le déplacement en transport en commun a augmenté de 15 %. Les voitures partagées sont en plein boom“, souligne-t-elle.
Pour elle, l’enjeu dépasse les seuls déplacements. “Au niveau de la qualité de vie, on a gagné.”
“À Bruxelles, l’espace est limité, on ne peut pas déplacer les maisons. Tout ce qu’on fait dans les rues touche aussi à l’espace public, là où les enfants peuvent jouer, où l’on peut rencontrer ses voisins et créer davantage d’espaces agréables, végétalisés et propices aux rencontres. Cela reste pour moi un combat politique que je vais continuer à mener”, estime Elke Van den Brandt.
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Face à ceux qui l’accusent d’être anti-voitures, la ministre répond : “Un cycliste est le meilleur allié d’un automobiliste, parce qu’il n’est pas devant ou derrière vous dans l’embouteillage et ne prend pas une place de stationnement. Une personne séduite par un mode de transport alternatif, c’est une personne en moins dans les embouteillages. Même pour ceux qui n’ont pas d’alternatives que la voiture, faire en sorte qu’il y ait un ‘shift modal’ va faire en sorte qu’il y ait moins de stress, moins et moins d’encombrement à Bruxelles”
La contrainte budgétaire reste toutefois forte. “On doit faire des économies. Ce n’est pas évident“, reconnaît-elle. “Chaque euro sera bien réfléchi“, tout en défendant les investissements dans les pistes cyclables et les transports en commun.
En attendant un nouvel équilibre budgétaire, on va faire en sorte que le chantier soit clôturé
Sur le Métro 3, la ministre ne ferme pas définitivement la porte, mais renvoie la poursuite du projet à une amélioration des finances régionales ou à un soutien accru du fédéral car “ceux qui habitent à Schaerbeek et Evere sont en attente depuis longtemps d’avoir plus de transports en commun confortables“, répond la ministre. “En attendant un nouvel équilibre budgétaire, on va faire en sorte que le chantier soit clôturé. On va réaménager l’espace public qui est là, parce que c’est horrible de vivre ou avoir son commerce là“, promet-elle.
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Plus de sévérité contre les trottinettes privées
Autre dossier sensible : la fin des trottinettes partagées à Bruxelles au 1er janvier. Ces engins représentent pourtant près de 10 millions de trajets par an, principalement chez les jeunes. Elke van den Brandt reconnaît que tous les utilisateurs ne se reporteront pas vers le vélo ou la STIB, mais défend la mesure au nom de la sécurité routière. “Le risque d’un accident grave avec une trottinette est dix fois plus élevé qu’avec un vélo”, affirme-t-elle.
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Elle plaide aussi pour un encadrement plus strict des trottinettes privées, notamment celles qui dépassent les vitesses autorisées. “Je vois des personnes travaillant aux urgences qui me disent qu’il faut mieux agir. Pour moi, mieux réglementer les trottinettes privées, c’est crucial.” Elke Van den Brandt explique que le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke a demandé l’avis des Régions pour mener une réforme. Bruxelles lui a bien transmis son avis et souhaite au minimum que ces engins soient davantage assimilés aux scooters, avec des règles renforcées. “Je pense qu’on doit apprendre de ce qui est fait aux Pays-Bas et voir si on ne peut pas être plus sévère.” La ministre plaide pour davantage de contrôles pour lutter contre la vente illégale.
■ Interview de Fabrice Grosfilley dans Bonsoir Bruxelles