Des panneaux du ring à Wemmel ravivent les tensions linguistiques
Le MR Périphérie ainsi que le parti lib.res appellent mardi le gouvernement flamand à respecter la législation linguistique pour les panneaux de signalisation du ring de Bruxelles situés sur la commune à facilités de Wemmel.
La Commission permanente de Contrôle linguistique (CPCL) a considéré, dans un récent avis, que plusieurs panneaux de signalisation situés en Région flamande, dans les communes à facilités pour les francophones, ne sont pas conformes à la législation linguistique.
Lundi soir, la ministre flamande de la Mobilité Annick De Ridder (N-VA) a balayé la critique. “Wemmel est et demeure un territoire flamand. Le fait que la commune dispose de facilités ne change rien à cela. Ces services constituent des exceptions prévues par la loi et ne peuvent être utilisés pour transformer une commune flamande ou le gouvernement flamand en une autorité structurellement bilingue“, a défendu la nationaliste flamande.
Selon elle, les panneaux de signalisation en question ne s’adressent pas spécifiquement aux habitants de Wemmel, mais à tous les automobilistes empruntant le ring. “L’analyse juridique est donc claire : pour ce type de communication au grand public, le néerlandais s’applique dans la zone néerlandophone“, a-t-elle conclu.
Les partis francophones de la périphérie ne partagent pas cette lecture. “Les facilités linguistiques ne sont pas négociables et ne peuvent être écartées au gré d’une interprétation politique ou idéologique du territoire“, réagit le MR Périphérie mardi. “Il est regrettable que la ministre consacre son temps à tenter vainement de trouver des arguments pourtant inexistants pour refuser d’appliquer l’avis de la CPCL. Il serait préférable de mettre à profit cette énergie pour régler les problèmes de mobilité, ou plutôt d’immobilité sur les axes entourant Bruxelles“, a commenté Nicolas Kuczynski, président du MR Périphérie, dans un communiqué.
Pour Olivier Maingain (lib.res), cette situation démontre que “certains partis flamands, avec à leur tête la N-VA, cherchent à remettre en cause les droits des francophones dans les communes à facilités autour de Bruxelles“. Selon lui, il faut dès lors “remettre le débat de l’élargissement de la Région bruxelloise à l’agenda politique, par exemple en permettant la fusion volontaire d’une commune à facilités avec une commune limitrophe bruxelloise, ou en permettant à leurs zones de police de fusionner avec celle de Bruxelles.”
Belga – Photo : Belga Image