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Prière parlementaire : “Nous craignons le retour du fait relgieux dans la politique”

Les parlementaires de tout le pays sont invités à participer à un déjeuner de prière parlementaire le 21 octobre prochain. L’invitation est lancée par le Belgian Parliamentary Prayer, une organisation regroupant des anciens élus, des politiques et des personnes influentes. Ce courrier en a étonné plus d’un et pose des questions sur la place de la religion dans la politique belge.

Le repas se tiendra au Club Prince Albert, un club privé de la Défense, dans un bâtiment qui lui appartient. L’ex-ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), parlera du thème de la foi et de la politique à la lumière d’un verset biblique. Il s’en suivra une prière pour le pays dans les deux langues nationales. Il est précisé que le déjeuner de prière parlementaire est organisé dans une perspective de foi chrétienne. Les personnes ne partageant pas la foi chrétienne sont les bienvenues. Elles se sentiront libres de participer aux prières ou pas. La presse et les médias ne sont pas conviés. Une participation de 25 euros est demandée et doit être versée au Synode fédéral des Églises protestantes et évangéliques de Belgique.

C’est la deuxième fois que l’association organise cette prière. “Nous avions un peu moins de dix parlementaires et cela s’est très bien passé, explique Olivier de Clippele, membre de Belgian Parliamentary Prayer. Nous voulons apaiser le débat entre la religion et la politique, même si je préfère parler de spiritualité. Pour nous, c’est un plus par rapport à la raison. La spiritualité peut donner un plus dans le débat politique. Pour moi, ces rassemblements sont un moment où je ne me sens pas seul.”

Le Centre d’action laïque (CAL) n’a pas tardé à réagir. L’organisme s’interroge sur la séparation du religieux et du politique dans notre pays. Si les élus peuvent avoir leurs croyances, le CAL estime important de préserver la distinction entre celles-ci et l’exercice du pouvoir politique. “Il faut se rendre compte que nous sommes dans un contexte où le religieux fait son retour dans la politique, commente Thomas Gillet, président du CAL. Donald Trump prie dans le bureau ovale. Cela est inquiétant pour nous car nous sommes dans un contexte en Belgique où certains dossiers comme l’interruption volontaire de grossesse est bloqué par un parti, le CD&V, pour des motifs religieux.”

Pour Olivier de Clippele, il n’y a pas de confusion avec l’État même s’il s’agit d’un bâtiment public. L’association loue le lieu à la Défense. “Quand j’ai fait mon service militaire, il y avait des aumôniers et cela ne choquait personne.”

► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 17h à 19h

■ Une interview de Thomas Gillet et Olivier de Clippele (MR) au micro de Fabrice Grosfilley et Vanessa Lhuillier dans Bonsoir Bruxelles