Sophie Wilmès et Bernard Quintin plaident pour renforcer Europol face au narcotrafic à Bruxelles
La vice-présidente du Parlement européen Sophie Wilmès et le ministre fédéral de la Sécurité et de l’Intérieur Bernard Quintin se sont rendus lundi au siège d’Europol, à La Haye, pour discuter de la future réforme du mandat de l’agence européenne de coopération policière.
La Commission européenne a présenté sa proposition de réforme en juin. Les deux responsables libéraux estiment qu’elle constitue une bonne base de travail, mais souhaitent aller plus loin pour renforcer les moyens humains, financiers et technologiques d’Europol.
Pour Sophie Wilmès, l’évolution de la criminalité, notamment du narcotrafic et des réseaux criminels, rend cette réforme nécessaire. Les organisations criminelles sont de plus en plus transnationales et utilisent également les outils numériques pour recruter et organiser leurs activités.
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La députée européenne entend défendre ce dossier au nom du groupe Renew au Parlement européen. Elle fait notamment le lien avec les violences liées au trafic de drogue à Bruxelles. “Renforcer les capacités d’Europol aidera par exemple à remonter jusqu’aux commanditaires et aux recruteurs, à couper les circuits de financement, à geler les profits et, ainsi, à démanteler toute la chaîne qui alimente l’insécurité dans nos quartiers”, affirme-t-elle.
La Belgique figure par ailleurs parmi les principaux contributeurs d’Europol. En 2025, la police fédérale belge a transmis près de 2.800 profils de suspects à l’agence. Selon Bernard Quintin, trois sur dix ont permis de recouper des enquêtes ouvertes dans d’autres pays européens.
Des routes de la drogue qui se diversifient
La lutte contre le narcotrafic a occupé une place importante lors de la visite. Les quantités de cocaïne et de drogues synthétiques sont en forte progression en Europe, tandis que l’héroïne est en recul.
Les grands ports restent des points d’entrée importants, mais les réseaux criminels cherchent également à utiliser des ports secondaires afin de contourner les contrôles. Pour les responsables belges, cette évolution nécessite une capacité d’anticipation accrue de la part d’Europol.
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Bernard Quintin estime que l’agence doit notamment jouer un rôle plus important dans la sécurisation des ports européens et dans le suivi des financements des réseaux criminels.
L’intelligence artificielle au service des enquêtes
La visite a également porté sur l’utilisation des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle. Europol utilise déjà l’IA pour traiter d’importants volumes de données dans certaines enquêtes complexes.
Elle peut notamment faciliter la recherche d’images similaires ou extraire automatiquement des informations à partir d’une photographie, comme le numéro d’un conteneur.
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Pour Bernard Quintin, l’enjeu est désormais de passer des projets pilotes à une utilisation plus large de ces outils par les enquêteurs européens. “Le défi n’est plus de savoir si la police utilisera l’IA. C’est d’accélérer son déploiement”, estime-t-il.
Les deux responsables souhaitent également renforcer la capacité d’Europol à répondre à d’autres menaces, comme la cybercriminalité, l’utilisation de drones, le sabotage d’infrastructures critiques ou encore la circulation d’armes modernes.
Le recrutement de mineurs en ligne inquiète
Sophie Wilmès a enfin insisté sur un phénomène qui préoccupe particulièrement les autorités : le recrutement de mineurs par les réseaux criminels via internet.
Selon elle, des jeunes de plus en plus jeunes, parfois âgés de 13 ou 14 ans, sont ciblés par des recruteurs. Le phénomène peut également dépasser les frontières, avec des recruteurs, des jeunes et des actes criminels situés dans plusieurs pays.
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Europol coordonne déjà la task force GRIMM consacrée au recrutement de jeunes, à laquelle participe la Belgique. Sophie Wilmès souhaite toutefois renforcer ses capacités afin de permettre aux enquêteurs de repérer plus rapidement les recruteurs, de croiser les informations et d’identifier les personnes derrière les comptes utilisés.
Pour la vice-présidente du Parlement européen, Europol doit notamment pouvoir développer contre le recrutement criminel en ligne des capacités comparables à celles déjà mises en place pour lutter contre les contenus terroristes.