Aller au contenu principal
BX1

“Les mesures d’urgence ne nous font pas avancer”: pourquoi les prisons font grève pendant 5 jours

Aucune amélioration structurelle n’a encore été constatée dans les prisons belges malgré deux séries de mesures d’urgence, constate lundi Robby De Kaey, du syndicat socialiste flamand ACOD (pendant de la CGSP), alors qu’y a débuté dimanche soir, à 22h00, une grève de cinq jours.

Cette action, qui se poursuivra jusqu’à vendredi soir, fait suite à des consultations entre les syndicats, le cabinet de la ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V) et l’administration pénitentiaire, qui, selon les syndicats, n’ont pas abouti à des solutions concrètes. Ceux-ci dénoncent la surpopulation carcérale persistante, les pénuries de personnel et les problèmes liés aux infrastructures et à la sécurité.

Robby De Kaey évoque une surpopulation de 2.474 détenus et un taux de surpopulation de 23% dans les prisons néerlandophones, à quoi s’ajoute une pénurie de personnel de 11%. “La charge de travail est donc beaucoup trop élevée et les conditions de vie des détenus ainsi que celles de travail du personnel sont inacceptables”, a-t-il fustigé lundi matin sur les ondes de la VRT.

Le syndicaliste socialiste se montre également sceptique quant à un recours accru à la surveillance électronique pour les personnes condamnées à des peines de courte durée. Selon lui, cela pourrait, certes, contribuer à faire sortir plus rapidement les détenus de prison, mais il souligne qu’il s’agit également d’environ 2.000 personnes condamnées à des peines allant jusqu’à dix-huit mois qui ne purgent pas encore leur peine. De plus, il existe des critères d’exclusion et la question se pose également de savoir s’il y a suffisamment de bracelets électroniques disponibles. “Ce n’est pas la panacée”, résume-t-il.

Pour Robby De Kaey, l’ouverture de la nouvelle prison d’Anvers ne résout pas non plus tous les problèmes. Près de 600 détenus resteraient encore dans celle située Begijnenstraat, qui ne dispose que d’environ 450 places, tandis qu’une partie du personnel déménagerait vers la nouvelle installation. Selon lui, on a en outre commencé trop tard à recruter du personnel supplémentaire.

La ministre de la Justice, Annelies Verlinden, doit à nouveau s’adresser au gouvernement fédéral pour demander des moyens et des mesures supplémentaires, exhorte le syndicaliste. “La situation n’est pas maîtrisée”, affirme-t-il. Il rejette également la réquisition du personnel pendant les grèves. “Cela revient à réduire les gens au silence tout en les mettant en colère.”

Belga