Portrait de Saliyya Guisse, vice-championne d’Europe du triple-saut : “C’est la médaille de la persévérance”
Depuis le 13 août 2026, jour de la finale du concours du triple-saut, tout l’athlétisme européen connaît désormais son nom. Sur la piste d’élan du sautoir de l’Alexander Stadium de Birmingham, Saliyya Guisse a décroché une magnifique médaille d’argent au concours du triple-saut, et brisé la barre mythique des 14 mètres, en bondissant à 14,46 m. La Bruxelloise n’avait jamais sauté au-delà des 14 mètres avant ces championnats d’Europe.
Après sa semaine européenne folle en terres britanniques, nous retrouvons Saliyya Guisse sur la piste du stade Roi Baudouin, entourée de ses coéquipiers d’entraînement. Saliyya, c’est une jeune femme spontanée qui aime donner des conseils à ses coéquipiers, et partager sa passion pour sa discipline : le triple-saut. Une passion pour le triple-saut qui lui donne l’énergie de s’entraîner que le vent souffle fort, que la pluie soit battante dehors, ou que la température est basse.
Sur une piste d’élan, Saliyya est aussi une sacrée compétitrice, capable de se transcender pour aller chercher la performance. Quelques heures avant un concours, elle a une préparation bien personnelle : la triple-sauteuse prend le temps de se coiffer, d’enfiler ses bijoux, de maquiller ses yeux et d’effectuer quelques coups de pinceau sur son visage… et c’est ainsi qu’elle se place dans un état d’esprit de guerrière prête à se challenger et challenger la concurrence pour aller le plus loin possible.
De compétition, elle en rêve depuis qu’elle a découvert l’athlétisme à 4 ans. Or, en Belgique, l’âge requis pour participer à des compétitions est de 7 ans. C’est ainsi que la triple-sauteuse de l’Excelsior Bruxelles mentit sur son âge sur sa carte d’affiliation, en la vieillissant de deux ans afin de pouvoir rejoindre la catégorie “Benjamines”. Enfant, Saliyya goûta à toutes les disciplines de l’athlétisme avec une préférence déjà pour le saut en longueur, discipline proche du triple-saut et qu’elle pratique encore aujourd’hui, les lancers, et le 1.000 mètres, cette dernière épreuve ne lui laissant pas l’envie de spécialiser dans cette discipline de l’athlétisme.
C’est lorsqu’elle évolue dans la catégorie “Cadettes” qu’elle délaisse le saut en longueur, “je tournais un peu en rond” confie l’intéressée, pour s’essayer au triple-saut sur conseil de sa maman, Marilyn Milants, qui depuis, est devenue sa coach pour le triple-saut, le beau-père de Saliyya, Cédric Van Elsuwé, l’entraînant au sprint et réalisant ses plans de musculation.
L’histoire de cette médaille d’argent, c’est aussi celle d’une athlète freinée dans sa progression par des blessures, mais que l’amour du triple-saut a permis de surmonter afin de repartir sur la piste chasser les records, et qui à force de travail depuis tellement d’années – car l’une des forces de Saliyya est de ne jamais renoncer –, a démontré, à 30 ans, qu’elle avait sa place parmi l’élite du triple-saut.
■ Reportage de L.Vandormael et L.Bourlard