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Déréglement climatique : “Les citoyens doivent faire pression pour que les politiques prennent les décisions qui s’imposent”

L’été 2026 a certainement été l’été le plus frais du reste de notre vie. Ce slogan marque les esprits de la population, mais une partie de la classe politique reste sourde. Malgré les effets du dérèglement climatique visible en Belgique, et de manière plus globale en Europe, il reste très complexe de mettre en place des politiques environnementales.  

Tout a commencé avec une première vague de chaleur entre le 17 et le 28 juin. Pour rappel, une vague de chaleur est une succession de minimum 5 jours avec des températures maximales supérieures à 25°C, dont au moins trois jours à plus de 30°C. Ici, la température maximale fut de 35,5°C à Uccle le 26 juin. Cette première période caniculaire a engendré une surmortalité de + de 65% pour Bruxelles, soit 196 décès. Ensuite, une deuxième vague de chaleur a eu lieu entre le 28 juillet et le 4 août, puis une troisième entre le 8 et le 16 août. On ne sait pas encore si une surmortalité a été enregistrée pour ces deux derniers épisodes. En plus de ces températures élevées, il y a bien évidemment l’incendie dans les Hautes Fagnes qui a débuté le 14 août. Plus de 3.300 hectares ont déjà brûléLe feu est sous contrôle mais hier, une reprise a été observéeLes opérations de surveillance et d’intervention vont certainement encore durer plusieurs semaines.

Ces faits ont créé une inquiétude pour une grande partie de la population qui a pris conscience des conséquences directes du dérèglement climatique. Par ailleurs, les politiques, eux, sont souvent restés spectateurs. “Ce sont des événements majeurs, commente Kim Le Quang de Rise for climate. Cela va avoir un impact sur la population et sur les mobilisations. On doit faire pression pour que les politiques prennent les décisions qui s’imposent.”

► A voir : “L’ampleur des feux de broussailles est directement liée au dérèglement climatique”

Les risques de feux de forêt sont connus et il va falloir aussi que l’Europe du Nord s’équipe pour lutter contre les incendies.

Malgré tout, il reste très complexe de mettre en place des politiques environnementales qui permettent de diminuer les émissions de CO2 et d’adapter nos villes à des chaleurs plus importantes. Le fonctionnement politique également de la Belgique complique cette tâche puisque la politique environnementale a été régionalisée voici quelques années. “On continue d’entretenir l’idée d’une écologie punitive alors que ce qui punit les gens, c’est ce qu’ils viennent de vivre, commente Isabelle Durant, ex-vice-première ministre dans les années 2000. Ce n’est pas au consommateur de résoudre la problématique. Le citoyen doit être associé, mais c’est une question de système. Avec le Green Deal, on avait une ligne assez claire et parce que l’extrême droite prend de l’ampleur, on est revenu en arrière au niveau de l’industrie.”

► A voir : Drogues et fusillades: “Le gouvernement coupe dans des aides aux personnes en souffrance” déplore Gilles Vanden Burre

En 2019, les jeunes s’étaient mobilisés lors des marches pour le climat. “Nous étions allés à la rencontre des ONG il y a 8 ans dans cette idée de consommateur responsable, explique Kim Le Quang de Rise for climate. Il y avait une tendance à culpabiliser les citoyens alors que les puissants continuaient à polluer. On a eu un rejet des politiques vertes.” 

Une prochaine marche pour le climat sera d’ailleurs organisée le 6 septembre prochain à Bruxelles.

► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 17h à 19h

■ Une interview d’Isabelle Durant et Kim Le Quang au micro de Fabrice Grosfilley et Vanessa Lhuillier dans Bonsoir Bruxelles