Précompte immobilier : “Les communes ne peuvent pas tout le temps jouer sur la fiscalité”
En cette fin d’été, les avertissements d’extrait de rôle pour le précompte immobilier arrivent dans les boîtes aux lettres des propriétaires bruxellois. Pour beaucoup, ce courrier est synonyme de mauvaise nouvelle. Dans 10 communes, le PRI a fortement augmenté. La cause : la hausse des centimes additionnels des communes et l’inflation fixée à 2,3%. Sur la note, cela engendre des différences de plusieurs centaines d’euros, à tel point que près de 10.000 propriétaires ont déjà demandé un étalement de paiement.
Dans le top 5 de la hausse du précompte immobilier, on retrouve Saint-Josse, Koekelberg, Ganshoren, Auderghem et la Ville de Bruxelles. Concrètement, pour les citoyens, la hausse est souvent de plusieurs centaines d’euros. Pour un appartement de 85m² à Jette, il faut compter 1.800 euros de précompte immobilier cette année contre 1.230 il y a 5 ans.
Pour rappel, le PRI est calculé grâce à une savante formule basée sur le revenu cadastral multiplié par l’indexation et encore multiplié par l’indice global composé notamment des fameux centimes additionnels décidés par les communes.
Si la plupart des communes ont décidé de jouer sur ces centimes additionnels, c’est principalement à cause du report de charges. Les personnes exclues du chômage qui se sont inscrites au CPAS, la fusion des zones de police, la hausse des charges de pensions, autant de dépenses qui pèsent lourd sur les communes.
Évidemment, du côté des propriétaires, la décision passe mal, même s’il existe certains mécanismes pour compenser l’augmentation. Au niveau régional, chaque propriétaire occupant son bien reçoit la prime Be Home d’un montant de 164 euros. En plus, certaines communes ont décidé de compenser la hausse des centimes additionnels via d’autres aides. Par exemple, la ville de Bruxelles accorde également une prime supplémentaire pour les propriétaires occupants d’un montant équivalent à l’augmentation. A Saint-Josse, commune avec la plus forte hausse, la prime est de 150 euros et à Ixelles de 100 euros. 10 sur les 19 ont adopté ce système. D’autres, comme Watermael-Boitsfort, ont préféré pratiquer un tax shift, à savoir diminuer le taux d’imposition sur les revenus.
“Cela ne va pas de toujours ajuster les dépenses aux recettes, conteste Olivier de Clippele, président de la régionale bruxelloise du Syndicat National des Propriétaires et Copropriétaires (SNPC). Pour la cohésion sociale, les communes ont beaucoup d’activité, mais on doit ajuster ses actions à ses moyens. Il faut arrêter de toujours demander aux propriétaires. Pour certains, cela représente plus de trois mois de loyers, ce qui décourage l’investissement. Et cela va se répercuter sur les loyers.”
En 2025, la Région a perçu 1,252 milliard d’euros de précompte immobilier, 933,3 millions d’euros ont été reversés aux 19 communes bruxelloises. Soit quasi 75 %. On comprend donc pourquoi les localités sont tentées de jouer sur cet impôt. “Cela représente environ 30 % de nos recettes, explique Christian Lamouline, président de Brulocalis et bourgmestre de Berchem-Sainte-Agathe. Nous pouvons réduire nos dépenses, mais à un moment donné, nous sommes à l’os. J’ai déjà diminué mes dépenses de 20 %, mais cela ne suffit pas.”
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■ Une interview de Christian Lamouline et Olivier de Clippele au micro de Fabrice Grosfilley et Vanessa Lhuillier dans Bonsoir Bruxelles