GAIA lance une boutique éphémère place de la Monnaie pour dénoncer l’élevage des animaux
Selon une enquête d’opinion Dedicated réalisée en mai 2026 à la demande de GAIA, 24 % des propriétaires d’un chien ou d’un chat issu d’une race hypertypée déclarent que leur animal a déjà dû recevoir des soins vétérinaires, suivre un traitement ou subir une intervention chirurgicale liés à ses caractéristiques physiques. Une situation que GAIA souhaite dénoncer à travers son action de boutique éphémère.
Selon GAIA, cette situation concerne au total plusieurs centaines de milliers de chiens et de chats en Belgique. Pour sensibiliser le public, l’association belge active dans les domaines du bien-être animal et des droits des animaux lance, ce mercredi à Bruxelles, sa Tournée d’été, baptisée “La Collection de malade”. GAIA précise que “cette campagne fera étape dans douze villes belges afin de dénoncer les dérives d’un élevage qui privilégie l’apparence au détriment de la santé et du bien-être des animaux”.
Rappelons qu’un animal hypertypé est un animal dont certains traits morphologiques propres à sa race sont accentués à l’extrême. Cette sélection excessive, souvent motivée par des critères de beauté recherchés dans les concours, s’éloigne du standard de la race et entraîne fréquemment de graves problèmes de santé et de souffrance pour l’animal.
Ce concept de races hypertypées reste méconnu : 40 % des Belges déclarent en avoir déjà entendu parler. Une fois informés, 89 % des Belges souhaitent limiter la reproduction lorsque la santé des animaux est en jeu, et 87 % soutiennent une limitation progressive de l’élevage des races hypertypées, selon GAIA.
“Nous avons sélectionné des animaux pour qu’ils soient toujours plus mignons, plus originaux ou plus spectaculaires. Le résultat, ce sont des animaux qui souffrent toute leur vie. Les Belges veulent que cela cesse. Il est temps que la loi les protège enfin”, déclare Sébastien de Jonge, directeur des opérations chez GAIA.
La Belgique en retard
Contrairement à d’autres pays européens, la Belgique ne possède aucune législation spécifique contre les dérives de l’hypertype. La compétence en matière de bien-être animal est régionale en Belgique. Les autorités bruxelloises n’ont jamais légiféré clairement sur le sujet.
GAIA appelle les ministres compétents en matière de bien-être animal à faire de la santé des animaux le critère prioritaire en matière d’élevage, notamment en interdisant la reproduction d’animaux présentant des hypertypes responsables de souffrances, en imposant des examens vétérinaires avant la reproduction et en renforçant l’information des futurs acquéreurs.
Une boutique pour la Tournée d’été de GAIA
Cet été, l’association transforme sa tournée en une fausse boutique baptisée « La Collection de malade ». Installée dans un conteneur aménagé en magasin avec vitrines, cabine d’essayage et exposition d’animaux « design », cette installation immersive vise à dénoncer les souffrances cachées des animaux hypertypés.
“Les visiteurs pourront y découvrir les principales races concernées, expérimenter les troubles de la vision d’un chat persan grâce à un casque de réalité virtuelle et ressentir les difficultés respiratoires d’un bouledogue français au moyen d’un masque immersif”, précise GAIA.
Après son lancement le 22 juillet à Bruxelles, la tournée fera étape dans onze autres villes belges jusqu’au 8 août.
la Rédaction