Une grande disparité constatée entre les quartiers pour les primes Renolution à Bruxelles
Un rapport de l’Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse (IBSA) pointe les différences d’utilisation des “primes Renolution” à Bruxelles entre 2022 et 2025, posant ainsi la question d’inégalités territoriales.
Les Primes Renolution sont des aides financières régionales, qui soutiennent les travaux de rénovation et d’économie d’énergie dans les bâtiments bruxellois de plus de dix ans. Entre 2022 et 2025, ces primes ont mobilisé près de 279 millions d’euros pour soutenir la rénovation des logements bruxellois. Dans un communiqué de presse de l’IBSA publié ce lundi matin, il apparait que ce sont surtout les quartiers du sud-est de la Région bruxelloise qui en ont bénéficié.
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Une majorité des aides dédiée à la rénovation énergétique
Entre 2022 et 2025, près de 80 % du montant des Primes Renolution a servi à financer des travaux de rénovation énergétique, en particulier l’isolation des toitures, leur étanchéité et l’isolation des façades. Sur la même période, les propriétaires occupants ont perçu 51 % des montants octroyés. Les maisons unifamiliales ont, quant à elles, concentré 44 % des aides. Cette répartition contraste avec la réalité du parc de logements bruxellois : seuls un tiers des logements sont occupés par leur propriétaire et les maisons unifamiliales ne représentent que 14 % des logements.
“Ces écarts s’expliquent notamment par une plus grande facilité à décider et à organiser des travaux dans une maison unifamiliale que dans une copropriété. Les propriétaires occupants bénéficient aussi directement des économies d’énergie et de l’amélioration du confort générées par les rénovations”, explique l’IBSA.
Inégalités territoriales
L’IBSA met aussi en évidence des différences territoriales dans le recours aux Primes Renolution. Celles-ci ont davantage été mobilisées dans les quartiers aisés du sud-est de la Région. Ce constat subsiste après avoir neutralisé les différences entre quartiers liées au type de logement (maison / appartement) et au statut d’occupation (propriétaires / locataires). Il est d’autant plus marquant que le dispositif prévoyait un soutien plus élevé pour les ménages à faibles revenus.
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“Cette différence d’utilisation des primes ne s’explique donc pas uniquement par la structure du parc de logements. Elle pose ainsi la question de l’équité de l’accès aux aides à la rénovation énergétique. Selon diverses études, d’autres facteurs influencent l’accès aux primes, comme la capacité à introduire une demande, à organiser des travaux et à les financer. Certains groupes sociaux comme les locataires, les ménages à faibles revenus, les personnes âgées, rencontrent davantage d’obstacles dans l’accès à ce type d’aides. Les politiques de rénovation basées sur des dispositifs de primes peuvent dès lors accentuer des inégalités existantes, en ayant des effets différenciés selon les groupes sociaux.”, conclut l’Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse.
