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Des riverains contestent la fermeture de la rue du Mystère devant le Conseil d’État : “La sécurité concerne tous les usagers”

Contestée par des habitants et commerçants, la fermeture de la rue du Mystère à Forest fait l’objet d’un recours devant le Conseil d’État. Les arguments portent autant sur la procédure que sur les impacts en matière de circulation.

À Forest, la fermeture de la rue du Mystère à la circulation automobile continue de faire débat entre une partie des riverains et la commune. Plus de 65 habitants et commerçants des quartiers Union et Forest National ont introduit un recours devant le Conseil d’État. Une interpellation citoyenne est également prévue ce mardi soir au conseil communal.

Dans un communiqué, les signataires remettent en cause la manière dont la piétonnisation de la rue “plus pentue de Bruxelles” et la réorganisation de la circulation sur la chaussée de Bruxelles, ont été mises en place. Ils estiment que la fermeture depuis la fin du mois de mai, s’est faite” sans permis d’urbanisme” et sans passage préalable par une modification du règlement communal de circulation. Les habitants décrivent une série de changements qu’ils jugent significatifs : suppression de places de stationnement, redéfinition des flux automobiles et aménagement de nouveaux espaces publics. Autant d’éléments qui, selon eux, dépassent largement le cadre d’un test temporaire présenté par la commune.

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Ils pointent également l’absence du projet dans les principaux documents de planification communale et regrettent un manque d’information. Les riverains affirment ne pas avoir obtenu les études d’impact, les analyses de circulation ni les avis des services de police et de secours pourtant sollicités dans le cadre du dossier. Hnia Ben-Salah, qui habite l’avenue d’Uccle, une voirie parallèle à la rue du Mystère, dénonce également un manque de concertation. “Nous avons appris cela via via”, affirme-t-elle. Selon elle, les habitants directement concernés n’ont jamais été associés au projet. “Seuls les parents des écoles et les enfants de Park School ont été invités dans la co-construction du projet de la rue du Mystère”, regrette-t-elle.

Sur le terrain, les opposants disent constater une redistribution du trafic vers plusieurs axes environnants, notamment les avenues Van Volxem, d’Uccle et des Tropiques, ainsi que les rues des Châtaignes, du Vignoble et Prospère Mattys. Ils redoutent un effet domino sur un réseau déjà saturé, en particulier lors des événements organisés à Forest National. Ils regrettent aussi que d’autres solutions n’aient pas été étudiées pour la sécurité des enfants, comme l’installation de dispositifs physiques de régulation du trafic. Hnia Ben-Salah rappelle à ce titre que “la rue du Mystère est une rue scolaire depuis 2019”. Selon elle, le dispositif existant n’a jamais été correctement appliqué, s’interrogeant notamment sur le fonctionnement des barrières prévues aux heures d’entrée et de sortie des élèves : “Pourquoi est-ce que la barrière en haut n’est jamais fermée ?”. Elle tient à souligner que le collectif de riverains n’est pas contre renforcer la sécurité aux abords des écoles, mais juge la justification avancée insuffisante: “Personne n’est contre la sécurité. Mais la sécurité dont fait état Madame Flamme (Ndlr : l’échevine de la Mobilité à Forest) n’est pas motivée. Elle dit que la rue est accidentogène. Je vous mets au défi de monter la rue à plus de 30 km/h.”

La commune se défend

La commune justifie en effet la fermeture par des enjeux de sécurité routière. Elle estime que plusieurs carrefours reliant la chaussée de Bruxelles à la rue du Mystère, à l’avenue des Tropiques et à la rue des Alliés posaient problème en matière de circulation. Les habitants ne partagent pas cette analyse. Selon eux, les données disponibles ne mettent pas en évidence de concentration d’accidents dans la rue du Mystère. Ils considèrent surtout que la mesure déplace les risques vers d’autres axes du quartier. “La sécurité, ce n’est pas uniquement à 50 mètres de l’école, elle concerne tous les habitants, tous les usagers”, estime Hnia Ben-Salah.

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Interrogée par nos confrères de La DH, l’échevine de la Mobilité, Flo Flamme (Groen), défend ce projet. Elle explique que la décision s’inscrit dans un travail global sur la sécurité aux abords de la chaussée de Bruxelles, où circulent de nombreux usagers, dont des enfants qui se rendent aux écoles du quartier. Elle rappelle également que quatre accidents ont été recensés entre 2017 et 2024 dans le périmètre concerné.  Nous avons contacté Mme Flo Flamme, sans réponse de sa part.

Pour la commune, la fermeture actuelle s’inscrit dans une phase de test, financée par un subside dédié à la sécurité routière. L’objectif est d’évaluer concrètement les effets du dispositif avant de décider, ou non, de sa pérennisation. Une explication qui peine à convaincre certains opposants.  “On apprend par la presse que finalement c’est une phase de test. On aurait bien voulu le savoir avant”, réagit Hnia Ben-Salah, qui s’interroge également sur la période choisie pour l’expérimentation : “On va faire un test en été, quand les écoles sont fermées ?”

Ca.Gn – Photo : Google Maps

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