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Double agression à l’ULB : le prévenu reconnu coupable, le mobile antisémite écarté

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a déclaré mardi T.B. coupable de coups et blessures portés le 7 mai 2024 sur G.D., lorsque ce dernier était le président de l’Union des étudiants juifs de Belgique (UEJB). La cour a toutefois écarté tout mobile antisémite, estimant que ces coups n’ont pas été “motivés par la haine” ou “le mépris d’une confession religieuse“.

Le tribunal a par contre établi les coups et blessures ayant entraîné une incapacité de travail de moins de quatre mois. T.B., ancien étudiant de l’ULB, était poursuivi pour des coups et blessures portés sur G.D. et E.L. lors du premier jour de l’occupation d’un bâtiment de l’université par un mouvement étudiant et pro-palestinien. Dans le cas de G.D., de confession juive, la prévention était aggravée d’une intention antisémite, ce que le tribunal n’a finalement pas retenu.

Dans sa décision, le tribunal correctionnel a rappelé que les instances disciplinaires avaient rejeté le motif antisémite des coups portés par T.B., tant en première instance qu’en appel. Alors que la rectrice avait d’abord retenu le motif antisémite lors d’une enquête interne à l’ULB autour de cette double agression du 7 mai 2024, la commission disciplinaire n’a pas soutenu la thèse de la rectrice et n’a pas retenu le mobile antisémite, cite le jugement prononcé mardi.

L’Université libre de Bruxelles (ULB) “tente de faire reconnaître par la voie du tribunal ce que la double porte de ses instances a refusé“, a noté le président du tribunal de première instance de Bruxelles dans son jugement. Partie civile au procès pénal, l’université avait demandé de reconnaître le caractère antisémite de l’agression lors des débats.

►Lire aussi | Double agression à l’ULB: la défense de T.B. conteste l’accusation d’antisémitisme

Aucun élément pertinent” n’est apparu après la décision des instances disciplinaires de l’ULB, a tranché le juge, écartant dès lors les pièces amenées par la partie civile au procès, présentés comme des “éléments nouveaux” et postérieurs aux procédures disciplinaires menées sur l’étudiant T.B.

Sept éléments ont finalement incité le tribunal à écarter le motif antisémite de cette double agression, commise devant le bâtiment B de l’ULB, après que des manifestants pro-Israël soient venus munis de drapeaux israéliens devant l’occupation menée par des manifestants pro-Palestine.

Le récit d’un témoin entendu un an après les faits, et soutenant la thèse du mobile antisémite portée par la victime, doit aussi être analysé “avec circonspection”, a tranché le tribunal bruxellois. Le tribunal a également relevé que deux autres personnes, qui se trouvaient à proximité des faits le 7 mai 2024, n’avaient relevé “aucun propos antisémite” dans le chef du prévenu T.B., qui était par ailleurs en aveu des coups et blessures portés sur G.D.

Vu les déclarations “évolutives” et “contradictoires” de la victime, le tribunal a limité la culpabilité à des coups et blessures sans circonstance aggravante. Suite aux coups portés par T.B., la victime G.D. a été en incapacité de travail pendant 10 jours, a cité le tribunal, ne laissant pas de doute sur l’existence des blessures de la victime. Le tribunal a également reconnu la culpabilité du prévenu pour des coups portés contre E.L., un agent de gardiennage de l’ULB, commis dans la foulée des coups portés sur G.D., ainsi que pour le vol de la radio de ce dernier.

Le prévenu T.B. a été condamné mardi à une peine de 250 heures de travaux d’intérêt général, assortie de 10 mois de détention en cas de non-respect de cette peine de travail.
Alors que la victime G.D. demandait des excuses écrites au prévenu T.B., le tribunal n’a pas condamné le responsable des coups à cette demande particulière. “Les excuses auront davantage de sincérité si elles sont écrites volontairement”, a estimé le tribunal.

Quant au prévenu A.A., également poursuivi dans le cadre de ce dossier, il s’est approprié une radio qui ne lui appartenait pas, a estimé le tribunal dans son jugement prononcé mardi. Ce faisant, il a également proféré des menaces à l’encontre de l’agent de gardiennage de l’ULB.

Le tribunal a prononcé une peine de 50 heures de travail, assortie d’une mesure probatoire en cas de non-respect de cette peine. Le tribunal a souligné la “gravité des faits” commis par les deux prévenus, citant des séquelles physiques et psychologiques. Les faits “contribuent à un sentiment d’insécurité en ville“, a conclu le juge. Cette violence est “injustifiable“. “Quelle que soit la cause dans le cadre de laquelle elle est exercée, la fin ne justifie pas les moyens“, a conclu le tribunal.

 

Belga

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