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Les élèves interpellent Valérie Glatigny : “Ces jeunes seront en droit de voter lors des prochaines élections”

Alors que le décret-programme et les réformes de l’enseignement continuent de susciter de vives réactions dans les écoles francophones, la ministre de l’Enseignement Valérie Glatigny (MR) a participé ce vendredi soir à l’émission de débat Bonsoir Bruxelles au côté de trois élèves venus l’interroger directement sur ces mesures contestées.

Le 4 juin dernier, le décret programme a été adopté malgré les nombreuses mobilisations du corps enseignants. Un vote qui a alimenté la colère des enseignants mais aussi, des éèves. Face à la ministre, trois représentants d’élèves ont exprimé leur incompréhension quant à la méthode employée pour élaborer ces réformes. Parmi eux, Qaïss Ahmadi, élève au Lycée Émile Max de Schaerbeek, a dénoncé un manque de consultation des principaux concernés : “Nous, en tant que jeunes, on se pose toujours la question : où les ministres vont-ils chercher les réformes qui sont basées sur des hypothèses plutôt que sur la réalité du terrain ?“, a-t-il déclaré. Selon lui, de nombreux élèves peinent à comprendre comment des décisions affectant directement leur quotidien scolaire peuvent être prises sans que leur avis ou celui des enseignants ne soit réellement sollicité. “Quelque part, il n’y a plus de confiance. On n’a pas été consultés“, a-t-il regretté.

Le lycéen a toutefois relevé un effet positif inattendu des réformes contestées : l’éveil de l’intérêt politique chez de nombreux jeunes. “Grâce à ces réformes, beaucoup de jeunes ont été initiés à la politique. J’aimerais souligner que ces jeunes-là seront en droit de voter lors des prochaines élections“, a-t-il ajouté.

Même constat du côté de Soline Pegnyemb, présidente du Comité des élèves francophones, qui estime que la mobilisation actuelle traduit un sentiment profond de frustration. “À partir du moment où les jeunes se sont rendu compte qu’on ne les écoute pas et qu’en plus on bafoue la démocratie – une démocratie qu’on leur apprend jour et nuit à l’école –, ils se sont dit que si personne ne respecte les règles, alors ils allaient faire entendre leur voix “, a-t-elle expliqué.

Selon elle, cette colère se manifeste aussi bien dans les manifestations que sur les réseaux sociaux : “Les jeunes sont dans les rues, sur les réseaux sociaux à se plaindre, mais surtout ils espèrent du changement et des réponses “, a-t-elle insisté.

“Les concertations ont duré plusieurs mois”

Face à ces critiques, Valérie Glatigny a défendu le processus ayant conduit à l’adoption du décret-programme. La ministre a rappelé que plusieurs phases de concertation avaient été organisées en amont avec les partenaires institutionnels du secteur.

Nous avons soumis ces propositions à plusieurs reprises aux organisations syndicales et aux fédérations de pouvoirs organisateurs. Le texte a évolué. Les concertations ont duré plusieurs mois“, a-t-elle affirmé. Elle reconnaît que ce travail est resté relativement discret auprès du grand public, mais souligne qu’il s’est étalé sur près de quatre mois.

On m’a même reproché d’amener le texte assez tard, précisément parce qu’il y a eu ces concertations “, a-t-elle poursuivi. Concernant le vote du texte au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la ministre a rappelé le principe de séparation des pouvoirs. ” Je ne vais pas me prononcer sur le Parlement, qui est souverain dans son fonctionnement “, a-t-elle déclaré.

Valérie Glatigny a également insisté sur l’urgence de clarifier les règles pour les établissements scolaires : “Ce qui était demandé du côté des écoles, c’était l’envoi rapide d’une circulaire afin que la rentrée scolaire puisse être organisée dans de bonnes conditions “, a-t-elle expliqué.

La réforme de l’enseignement va-t-elle entraîner des pertes d’emploi ?

 

“J’ai l’impression qu’on nous ampute une jambe et qu’on nous donne une sucette pour nous dire qu’il y a quand même du positif !”


► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 18h20 à 19h

■ Une interview de Valérie Glatigny, Guillaume Goossens, Qaïss Ahmadi et Soline Pegnyemb au micro de Fabrice Grosfilley et Jamila Saidi M’Rabet dans Bonsoir Bruxelles

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