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“Ce n’est pas en suspendant le président qu’on réglera les problèmes” : la polémique autour du Foyer anderlechtois divise

Après les révélations de l’émission PANO sur la VRT concernant de possibles pratiques clientélistes au sein du Foyer Anderlechtois, Marcela Gori, vice-présidente du Foyer Anderlechtois (MR) et Patricia Polanco, cheffe de groupe au conseil communal d’Anderlecht (PTB) étaient les invités du débat de ce vendredi soir dans Bonsoir Bruxelles. Entre accusations, appels à une commission d’enquête et mise en cause de la direction générale, le dossier prend une ampleur de plus en plus politique.

Depuis la diffusion du reportage de l’émission flamande PANO, plusieurs enquêtes ont été ouvertes autour de possibles interventions politiques dans l’attribution de logements sociaux. En ligne de mire : le président du Foyer anderlechtois, Lotfi Mostefa, accusé d’avoir favorisé certains dossiers et exercé des pressions sur l’administration.

Invitées sur le plateau de Bonsoir Bruxelles, Marcela Gori (MR), vice-présidente du Foyer Anderlechtois, et Patricia Polanco (PTB), cheffe de groupe PTB au conseil communal d’Anderlecht, ont livré deux lectures très différentes de la crise.

Pour Marcela Gori, le fonctionnement interne de l’institution pose question depuis longtemps. Elle affirme avoir été écartée de la gestion quotidienne malgré son statut de vice-présidente : “Je suis vice-présidente de cette institution et je vais vous donner quelques exemples qui vont paraître risibles pour certains mais qui prouvent certaines choses. Jusqu’au début de cette année, avant que je fasse des sorties médiatiques, ce qu’on disait au Foyer Anderlechtois, c’est qu’il n’y a pas de vice-président. Je n’ai même pas de badge et je ne peux pas rentrer dans les locaux du foyer sans avoir un rendez-vous avec le président ou le directeur“.

La vice-présidente du Foyer estime toutefois que le reportage de PANO n’a pas suffisamment interrogé le rôle de la direction générale de l’institution. Selon elle, les administrateurs votaient sur des dossiers présentés comme conformes. “Le bourgmestre Fabrice Cumps disait que ce n’était pas possible que le président prenne des décisions tout seul et effectivement, à partir du moment où le point arrive sur le bureau du délégué ou du conseil d’administration, nous, on a en face de nous un dossier qui nous paraît légal. Par contre, ce qu’on a vu dans le reportage, c’est que le président triait les demandes, mais ça, c’est impossible à vérifier” explique-t-elle.

Face à elle, Patricia Polanco a défendu la demande d’une commission d’enquête parlementaire, portée notamment par le PTB, Ecolo et DéFI. Pour la conseillère communale anderlechtoise, les révélations dépassent largement le cas individuel de Lotfi Mostefa : “Sur base du reportage de PANO, je trouve qu’il y a des choses scandaleuses et inacceptables et c’est la raison pour laquelle on demande une commission d’enquête“, affirme-t-elle.

“Notre priorité, c’est de défendre le logement social”

La cheffe de groupe PTB critique aussi la position du MR, qui refuse jusqu’ici une commission d’enquête en urgence au Parlement régional : “La question que je me pose d’abord, c’est la réaction du MR face à la commission d’enquête qu’ils n’ont pas votée au niveau régional. Au niveau communal, on dit qu’il faut réagir, mais pour moi, il n’y a aucun intérêt à défendre Lotfi. Notre priorité, c’est de défendre le logement social”.

Selon elle, suspendre le président du Foyer ne suffira pas à répondre aux dysfonctionnements dénoncés : “Ce n’est pas en suspendant le président qu’on va résoudre ces problèmes. C’est vraiment avec une commission d’enquête qu’on pourra voir les problèmes structurels qu’il y a derrière” conclut-elle.

Des appels à des sanctions

Le dossier prend désormais une tournure judiciaire et politique. Après trois enquêtes déjà en cours, une quatrième investigation a été ouverte à la suite du reportage de PANO, notamment via l’Office central pour la répression de la corruption.

Dans la majorité régionale, les positions restent divisées. Certains plaident pour une vaste enquête sur l’ensemble du logement social bruxellois, tandis que d’autres souhaitent limiter le débat à une commission parlementaire ordinaire.

Au niveau communal, de nombreux mandataires demandent également  l’écartement temporaire de Lotfi Mostefa pendant la durée des enquêtes ainsi qu’une mise sous tutelle renforcée du Foyer Anderlechtois.

Ce vendredi soir, l‘urgence a été rejeté lors de la séance plénière au Parlement régional et les débats reprendront le 1er juin. 

► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 18h20 à 19h

■ Une interview de Marcela Gori et Patricia Polanco au micro de Fabrice Grosfilley et Jamila Saidi M’Rabet dans Bonsoir Bruxelles

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