Des coups ont été donnés en marge de l’assassinat de Soufiane Benali, tranche la juge
Le tribunal correctionnel de Bruxelles a déclaré mercredi que des coups et blessures avaient bien été portés par quatre auteurs sur un jeune homme le 5 juillet 2020 à Forest, parce qu’ils suspectaient ce dernier d’avoir des informations sur l’assassinat de leur ami ou connaissance, Soufiane Benali, tué par balles la veille.
Le tribunal n’a, par contre, pas estimé que les prévenus avaient emmené la victime de force et qu’ils ne lui avaient pas extorqué son téléphone portable et sa sacoche. Une fois dans le véhicule conduit par les auteurs pour l’emmener à la place Saint-Antoine, la victime était toutefois assise au milieu de la banquette arrière et encadrée par les auteurs. Elle n’était dès lors pas en maîtrise de ses mouvements, a insisté le tribunal. Des témoins indépendants ont vu la victime “se faire tabasser dans un véhicule“, a repris le tribunal dans son prononcé.
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Alors que deux prévenus sur les quatre ont déjà été condamnés pour d’autres faits, parfois similaires, le tribunal a estimé que la condamnation à six ans suffisait pour S.M. (actuellement détenu) et a allongé celle de R.H. de quinze mois avec sursis. Le tribunal a prononcé pour Z.R. une suspension simple du prononcé. O.E.Y. était défaillant.
Le tribunal a reconnu que les faits s’étaient déroulés dans un contexte particulier, impliquant la police locale et spécialement un agent de police. Ce dernier a été condamné le 13 juin 2025 pour avoir transmis le portrait de l’un des suspects de l’assassinat à l’un des auteurs des coups. Le comité P a mené une enquête, a cité le tribunal, et “certains policiers ont fermé les yeux“.
Ce contexte particulier de partage d’informations avec des citoyens en début d’enquête sur la mort de Soufiane Benali ne permet cependant pas de déclarer les poursuites irrecevables, a tranché le tribunal.