Expulsions locatives à Bruxelles : près de 1 % des locataires concernés chaque année
Pour la première fois, Perspective.brussels publie un monitoring des expulsions judiciaires locatives, offrant un aperçu chiffré inédit de la situation en Région bruxelloise.
Entre juillet 2023 et juin 2024, sur environ 300 000 locataires, 3 007 dossiers d’expulsion ont été traités par 16 CPAS. Cela représente près d’un ménage locataire sur 100 concerné chaque année.
L’analyse met en évidence d’importantes disparités territoriales. Le niveau de revenus, à lui seul, ne suffit pas à expliquer ces expulsions.
D’autres facteurs entrent en ligne de compte, comme la composition des ménages, la pression sur le marché locatif ou encore l’efficacité des dispositifs d’aide locaux. Un élément ressort particulièrement : la proportion de ménages monoparentaux est étroitement liée au nombre de dossiers. Une réalité qui pose aussi la question du genre, les femmes étant surreprésentées dans cette catégorie.
L’accompagnement des CPAS, un levier clé
Le rôle des CPAS apparaît déterminant dans l’issue des situations. Lorsqu’un contact est établi avec les locataires concernés, une solution est trouvée dans 55 % des cas (maintien dans le logement ou relogement). Ce chiffre tombe à 24 % lorsque ce contact n’a pas lieu. “Ces résultats confirment l’importance de renforcer l’accès à l’information et au soutien, afin de prévenir les expulsions en amont et de limiter leurs conséquences en aval”, souligne Antoine de Borman, directeur général de Perspective.brussels.
Un outil appelé à évoluer
Ce monitoring, demandé par le gouvernement bruxellois, constitue une première base d’analyse. Il s’appuie sur les données transmises par les CPAS à Bruxelles Logement et a vocation à être enrichi lors des prochaines éditions. Il s’inscrit dans une volonté plus large de mieux comprendre et anticiper un phénomène aux conséquences sociales majeures.

Rédaction