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IPPJ: la ministre Lescrenier nuance des critiques du procureur du Roi de Bruxelles

La ministre francophone de l’Aide à la Jeunesse, Valérie Lescrenier, a nuancé mardi – et par moments recadré – des critiques du procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, sur le manque de places en institution pour mineurs délinquants (IPPJ) et l’absence d’alternative pour la prise en charge de ces jeunes, sans toutefois nier une “pression réelle sur le système“.

Dans un communiqué envoyé à la presse mardi matin, le parquet du procureur du Roi titre que dix mineurs arrêtés par la police ce week-end pour des faits graves ont tous été libérés faute de places disponibles et en l’absence de tout suivi éducatif.

La ministre ne nie pas le manque de places pour les jeunes en danger et pour ceux “en conflit avec la loi“. Cette “réalité structurelle identifiée depuis plus de 20 ans” connaît même “une évolution préoccupante” avec le rajeunissement des profils, des faits plus violents et l’implication dans des réseaux criminels. Cela induit une pression accrue sur les décisions judiciaires qui orientent souvent vers un placement, analyse-t-elle.

Pour autant, “les informations relayées ces dernières heures appellent à être précisées“, selon la ministre Lescrenier (Engagés). “Selon les données transmises par mon administration de l’Aide à la jeunesse et la cellule de liaison qui gère les admissions, deux places ont été attribuées à la suite de demandes du tribunal de la jeunesse de Bruxelles et deux jeunes ont bien été inscrits sur listes d’attente en éducation en régime ouvert et via des équipes mobiles d’accompagnement. À ce stade, il n’y a pas eu dix demandes enregistrées“.

La situation décrite par le parquet met en lumière une pression réelle sur le système, que nous ne contestons pas. Mais elle doit être analysée avec précision : des réponses ont été apportées ce week-end aux magistrats de la Jeunesse qui ont contacté la cellule de liaison“, selon la ministre.

Alors que le procureur dénonce une “absence d’alternative éducative“, la ministre insiste sur le fait qu’une inscription sur liste d’attente “n’équivaut pas à une absence de réponse judiciaire“. Elle rappelle qu’une gradation de mesures existe (équipes mobiles d’accompagnement, services d’actions restauratrices et éducatives, etc.) et que les jeunes inscrits bénéficient bien souvent déjà d’un accompagnement.

La ministre souligne également que 76,29% des prises en charge proposées à partir des listes d’attente sont refusées par les magistrats eux-mêmes, ce qui montre à ses yeux que le problème vient aussi d’une inadéquation entre l’offre et le profil du jeune. Elle précise que 43% des jeunes sont en réalité inscrits sur plusieurs listes d’attente simultanément, en fonction des orientations envisagées.

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a acté il y a dix jours un plan d’actions prévoyant notamment une augmentation progressive des capacités en IPPJ, avec un passage de 245 places aujourd’hui à 286 en 2028, et jusqu’à 301 en fin de législature, avec la création d’un SRS (service résidentiel spécialisé) spécifique.

 

Belga

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