Décret neutralité : “C’était important de rappeler qu’il n’y a pas de place à l’école pour de la propagande”
Le décret de neutralité sera probablement approuvé en fin de journée au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Valérie Glatigny, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement pour adultes en FWB, était l’invitée de Bonjour Bruxelles.
Le décret unifie la définition du principe de neutralité dans le Code de l’enseignement, en fusionnant les dispositions jusqu’ici distinctes selon que l’enseignement était organisé ou officiellement subventionné. Les règles seront les mêmes dans toutes les écoles de l’officiel et du libre non confessionnel, mais aussi dans l’enseignement pour adultes.
La ministre de l’Education est revenue sur ce décret qu’elle juge nécessaire : “On sait qu’il y a quand même des pressions dans nos écoles avec des formes d’extrémisme, de radicalisme parfois violent. Donc l’important, c’était de rappeler qu’il n’y a pas de place à l’école pour de la propagande philosophique, religieuse ou politique. C’était un signal clair qu’on voulait envoyer en rappelant ce principe de neutralité dans nos écoles.”
Fin de l’autocensure
Le décret voté ce mercredi supprime également la mention (issue du décret du 31 mars 1994) que le personnel enseignant aborde certaines questions “en des termes qui ne peuvent froisser les opinions et les sentiments d’aucun des élèves” et en la remplaçant par un principe de respect mutuel et de liberté d’expression des élèves. Cette suppression vise à éviter une forme d’autocensure des enseignants.
“On avait des signaux assez inquiétants. Beaucoup d’enseignants disaient qu’ils s’étaient déjà autocensurés pendant les cinq dernières années (résultat du baromètre du respect de la FWB, NDLR), c’est à dire renoncer à enseigner un fait qui fait partie des programmes, simplement parce qu’on a peur des réactions des élèves ou des parents (…) Et parfois, oui, on peut heurter et froisser les élèves. Par exemple, un élève qui n’est pas d’accord avec la théorie de l’évolution de Darwin, ou un élève qui n’est pas d’accord avec des principes d’égalité homme-femme ou de respect des droits des LGBT ou par rapport à l’enseignement de la Shoah qui est un fait historique. Ce genre de choses était rapporté par des enseignants.“, explique la ministre.
Fin du port de signes convictionnels
Le texte instaure également la neutralité d’apparence pour les membres du personnel des écoles des réseaux de l’enseignement officiel organisé et subventionné. Valérie Glatigny rappelle que cette interdiction ne concerne pas uniquement les signes religieux comme le foulard, mais tous les signes conventionnels visibles. “Ce n’est pas que des symboles religieux, c’est aussi, par exemple, un t-shirt du MR. Donc c’est tout signe qui peut manifester une forme de prosélytisme également politique ou philosophique, pas que religieux.”
Seuil de réussite
Le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a définitivement approuvé en mars un projet de décret qui relève de 50 à 60% le seuil de réussite des épreuves certificatives externes que sont le CEB (organisé en fin de 6e primaire), le CE1D (en fin de 2e secondaire) et le CESS (à l’issue de la 6e secondaire), à partir de l’année scolaire 2026-2027.
“Je pense que c’est important de donner un signe d’exigence et toutes les enquêtes, les études internationales montrent que quand on a un seuil d’exigence élevé, avec bien sûr de l’accompagnement personnalisé pour les élèves qui auraient des difficultés, ça fonctionne. Et donc c’est ce signal qu’on veut envoyer à nos élèves parce qu’on sait que beaucoup d’élèves vont réussir un CEB à 50 %, et donc il y a 90% des élèves qui vont réussir le CEB. Et puis, ils vont avoir des problèmes plus tard, notamment en troisième où on aura un taux d’échec de 17 % en moyenne.”
Retrouvez l’intégralité de l’interview de Valérie Glatigny dans la vidéo en tête d’article