Le RABKO appelle le gouvernement bruxellois à ne pas sacrifier le secteur culturel
Le réseau bilingue des acteurs de la culture et des arts RABKO a adressé jeudi aux députés bruxellois engagés dans les travaux budgétaires, une carte blanche intitulée “Ne sacrifiez pas le cœur battant de notre ville”, a annoncé la plateforme.
Le réseau y souligne que si l’accord de gouvernement reconnaît explicitement la richesse culturelle de la Région de Bruxelles-Capitale, il incombe désormais au pouvoir de joindre l’acte à la parole. “Une reconnaissance formelle est vide de sens tant qu’elle est sapée par une logique d’austérité aveugle qui s’attaque aux fondements mêmes de notre secteur“, relève le RABKO.
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La plateforme identifie trois points critiques qui menacent selon elle de démanteler l’écosystème culturel. Elle cite en premier lieu l’érosion des subventions “Image de Bruxelles“. “La suppression de ce soutien entraînerait la disparition d’une part substantielle de l’offre culturelle bruxelloise“, alerte-t-elle. Le RABKO pointe ensuite la réforme des mesures d’emploi, telles que le statut ACS, qui “frapperait le secteur en plein cœur” et “détruirait des emplois durables et attentifs à l’humain“.
Enfin, le réseau redoute les économies sur visit.brussels. “Dans une ville fragmentée comptant plus de 45 mandataires culturels, un pivot central pour la communication culturelle est une nécessité“, explique le RABKO. “Visit.brussels remplit ce rôle sur la base d’un accord formel conclu en 2018 entre la Région et les deux communautés. En gérant la base de données commune, en lançant des campagnes de promotion et en facilitant le travail de la presse internationale, Visit crée la visibilité dont Bruxelles a besoin.”
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La plateforme plaide pour une politique culturelle “cohérente et coordonnée qui mobilise les compétences biculturelles de la Région au profit de l’ensemble du secteur“. Elle demande en outre au gouvernement “une sécurité budgétaire et une vision à long terme“.
Le RABKO dit d’ailleurs vouloir rencontrer les membres du gouvernement à très court terme. Pour le réseau, une concertation directe et structurelle avec le secteur est indispensable afin d’évaluer l’impact réel des mesures envisagées et de formuler ensemble des alternatives “qui renforcent Bruxelles au lieu de l’affaiblir“. La carte blanche a été cosignée par plus de 120 institutions culturelles bruxelloises, fédérations et autres organisations culturelles.
Belga