22 mars, 10 ans plus tard : “Une trentaine de recommandations n’ont pas été suivies d’effet”, dénoncent les victimes à la Chambre
L’association de victimes Life4Brussels a vivement critiqué le personnel politique, mardi à la Chambre à l’occasion de la cérémonie marquant le dixième anniversaire des attentats du 22 mars à Bruxelles. Le fait que certaines recommandations essentielles de la commission d’enquête parlementaire n’aient pas (encore) été mises en œuvre est une véritable épine dans le pied pour les victimes.
Les ministres de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR), et de la Santé publique, Frank Vandenbroucke (Vooruit), ont assisté à la cérémonie, de même que Paul Van Tigchelt et Frédéric Van Leeuw, respectivement directeur de l’OCAM et procureur fédéral en 2016. Des députés de tous les partis et d’anciens ministres dont Daniel Bacquelaine, Meryame Kitir et Frédéric Daerden, ainsi que l’ancien président de la Chambre, Patrick Dewael, qui avait dirigé la commission d’enquête parlementaire sur les attentats, ont également écouté les discours.
Les associations ont formulé des critiques acerbes à l’encontre du pouvoir politique. La critique la plus virulente est venue de Valérie Gérard (Life4Brussels). Selon elle, un fonds d’indemnisation pleinement opérationnel fait toujours défaut, et une grande partie des recommandations de la commission d’enquête, notamment la création d’un point de contact unique pour les victimes, n’ont pas été mises en œuvre. “Sur les 46 recommandations, une trentaine n’ont pas été suivies d’effet, neuf sont restées sans résultat et seulement sept ont été intégralement appliquées“, a-t-elle observé.
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En matière de soutien et de reconnaissance, le système est encore insuffisant, a-t-elle ajouté. “Les victimes sont toujours confrontées à une multitude de procédures qui les obligent à revivre sans cesse leur traumatisme.”
Par ailleurs, Mme Gérard a mis en avant des situations douloureuses pour les victimes : “dix ans après les attentats, l’administration réclame parfois encore des sommes, laissant les victimes endettées envers l’État, alors que c’est en réalité l’État qui leur doit une compensation.”
Le président de la Chambre, Peter De Roover, a reconnu que le travail parlementaire était insuffisant si les recommandations restaient lettre morte. “Constater que des recommandations attendent encore d’être mises en œuvre aujourd’hui est un appel à l’action aux responsables politiques“, a-t-il déclaré.
Belga – Photo : Belga Image