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Les archives minières du musée de Tervuren sont convoitées par une entreprise américaine

Un différend oppose la Belgique, la République démocratique du Congo (RDC) et KoBold Metals autour de millions d’archives géologiques datant de l’époque coloniale et conservées au Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren (Africa Museum).

Kinshasa et cette entreprise minière américaine spécialisée dans l’exploration assistée par intelligence artificielle, soutenue notamment par le milliardaire Bill Gates, souhaitent numériser ces documents afin de mieux cartographier les importantes ressources naturelles du pays, riche en cuivre, cobalt et lithium. Les autorités belges refusent toutefois d’accorder un accès exclusif à KoBold, estimant que ces archives fédérales et publiques ne peuvent être confiées à une société privée étrangère, sans relation contractuelle avec l’État.

■ Un reportage de Marcus Mellerin, David Courier et Frédéric De Henau

Leur mise à disposition doit s’effectuer selon les règles belges et européennes applicables, dans un cadre scientifique, non exclusif et non privatif. Les archives peuvent être consultées par des chercheurs et le grand public“, a réagi la ministre en charge du Numérique et de la Politique scientifique, Vanessa Matz. “Par contre, la Belgique ne peut pas accorder un accès privilégié et exclusif à une société privée étrangère avec laquelle elle n’a aucun lien contractuel, ce qui impacterait la recherche et la consultation publique“. Son cabinet souligne par ailleurs que les échanges entre la Belgique et la RDC sont “soutenus et continus“, en particulier dans le domaine scientifique. Ces contacts, “parfois quasi quotidiens“, portent notamment sur les besoins de recherche géologique ainsi que sur les résultats et projets en cours.

Bruxelles met également en avant sa volonté de voir l’État congolais et sa population bénéficier de ces archives. Un projet structuré de numérisation, soutenu par l’Union européenne, est d’ailleurs déjà en cours. “Dans ce cadre, des copies numériques sont transmises aux autorités congolaises compétentes, en particulier au Service géologique. Une fois ces copies remises, leur usage relève pleinement de la souveraineté de la RDC. La Belgique n’intervient pas dans les choix ultérieurs qui peuvent être faits à partir de ces données“, ajoute la ministre. Une partie des archives a d’ailleurs été numérisée dès 2010 et déjà transmise aux autorités concernées.

De son côté, le directeur général du musée, Bart Ouvry, insiste sur les limites d’une telle demande : “Nous ne pouvons pas déléguer la gestion complète d’archives à une entreprise privée. On peut lui donner accès à un document, mais il est impossible de la laisser privatiser l’ensemble.” L’institution prépare ce programme de digitalisation et d’archivage depuis deux ans. Quatre scientifiques ont été recrutés et ont commencé le 1er février, tandis que quatre archivistes doivent entrer en fonction le 1er mars. L’objectif est de numériser, classer et rendre accessibles ces documents – qui représentent près de 500 mètres linéaires – au bénéfice de la recherche scientifique, mais aussi d’éventuelles entreprises privées. “Deux serveurs seront par ailleurs installés, l’un en RDC et l’autre au sein du musée“, ponctue M. Ouvry.

 

Belga

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