Vignette autoroutière : “Bruxelles ne peut être pénalisée parce qu’elle est sans gouvernement”
Alors que la Flandre et la Wallonie relancent le projet de vignette pour les autoroutes belges, qui pourrait rapporter jusqu’à 250 millions d’euros par an, Bruxelles, sans gouvernement depuis plus de 600 jours, risque de ne pas toucher sa part des recettes ni de compenser ses habitants.
Si l’idée d’une vignette autoroutière remonte à plus de 15 ans, la Flandre et la Wallonie l’ont remise sur la table. Le principe est simple : faire payer l’usage des autoroutes belges qui sont aujourd’hui gratuites pour les voitures particulières. Concrètement, la vignette coûterait entre 100 euros et 120 euros par an et pourrait entrer en vigueur dès le 1er janvier 2027 si un accord politique est trouvé.
Contrairement aux péages classiques, il n’y aurait ni barrières, ni autocollants. Le contrôle se ferait par des caméras de reconnaissance de plaques d’immatriculation installées sur les grands axes.
Pour les Belges, le montant de la vignette serait compensé par une baisse d’autres taxes automobiles (taxe annuelle de circulation, taxe de mise en circulation…) Ce qui signifierait en théorie, que les Flamands et Wallons ne paieraient pas plus au total, mais simplement différemment.
Selon des premières estimations, la vignette pourrait rapporter environ 130 millions d’euros à la Flandre et entre 140 et 250 millions d’euros à la Wallonie.
Bruxelles, la grande absente… jusqu’à demain
Bruxelles n’a pas encore été réellement associée aux négociations entre la Flandre et la Wallonie, faute de gouvernement de plein exercice depuis plus de 600 jours. “Bruxelles ne peut pas être pénalisée parce qu’elle est sans gouvernement ”, affirme Gladys Kazadi, cheffe de groupe Les Engagés au Parlement bruxellois.
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En effet, alors que chaque jour près de 374.000 véhicules entrent dans la capitale, venant de Wallonie, de Flandre ou d’ailleurs, la Région pourrait payer la vignette sans compensation et ne pas toucher une part équitable des recettes. “Les usagers bruxellois pourraient être soumis à la vignette sans pouvoir bénéficier de dispositifs de compensation équivalents, faute de décisions régionales”, alertent Les Engagés.
“Il est profondément inquiétant que le gouvernement en affaires courantes ne défende pas les intérêts des Bruxellois. Même en affaires courantes, il doit négocier pour obtenir une part correcte du montant payé par les véhicules étrangers”, souligne Gladys Kazadi.
Pour la première fois, Bruxelles sera demain autour de la table avec les autres régions. Les Engagés insistent sur la nécessité d’être proactifs pour que les intérêts de la capitale soient respectés et qu’une part des recettes soit prévue pour Bruxelles. “Si le gouvernement bruxellois n’est pas partie prenante, d’autres régions pourraient décider de la part pour Bruxelles”, regrette la cheffe de groupe.
Rédaction