Poignardé par un patient à l’hôpital Saint-Pierre, Julien se lance dans un défi fou pour lutter contre le sans-abrisme
Julien travaille à l’hôpital Saint-Pierre. En juin, il a été poignardé par un patient des urgences et a frôlé la mort. Pendant sa convalescence, il a réfléchi à un projet pour faire bouger les choses et a décidé de se mobiliser pour les Infirmiers de rue. Son objectif : récolter 100.000 euros via une course caritative.
Il a dû réapprendre à marcher, mais désormais, c’est pour les autres qu’il court. En juin dernier, Julien Vande Weyer est agressé au couteau par un patient aux urgences de l’hôpital Saint-Pierre où il travaille en tant qu’assistant social. Il frôle le pire, mais conserve l’envie d’aider les autres. “Si quelqu’un en est arrivé là, c’est qu’il y a quelque chose qui va mal dans la société. Je veux, à mon échelle, essayer de faire quelque chose pour que cela change“, s’explique-t-il. “Ça m’a donné encore plus envie de venir en aide aux gens, d’être proche du terrain“, assure-t-il.
Julien se lance donc dans un défi un peu fou : récolter 100.000 euros pour le compte d’Infirmiers de rue, une association qui lutte contre le sans-abrisme. Pour y arriver, il organise une course caritative : “J’étais un coureur avant l’agression et je me suis dit qu’il faut que je mixe les deux. Ayant travaillé chez Infirmiers de rue, je me suis dit qu’il faut essayer de lancer un projet fou autour de ça“.
120 kilomètres de course
L’assistant social va donc parcourir 120 kilomètres, reliant le siège de l’association situé à Liège et la capitale, avant d’enchaîner avec les 20 kilomètres de Bruxelles. Un challenge pour la bonne cause, mais aussi sportif, malgré l’agression : “Tout n’est pas sous contrôle, je suis ultra bien encadré. J’ai une équipe de cinq personnes autour de moi, un ami qui gère les réseaux sociaux, un kiné qui me suit au quotidien, deux coureurs qui courent avec moi au quotidien“.
Après seulement quelques jours de lancement, la cagnotte a déjà récolté plus de 7000 euros de dons. Cet argent pourra servir pour financer différentes opérations : “100.000 euros, ça représente 400 maraudes. On en a fait 850 en 2025 à Bruxelles et à Liège“, explique Valentine Becue, chargée de communication pour Infirmiers de rue. “Ça représente également cinq personnes qu’on va suivre de la rue à la remise en logement. Cela dure entre six mois et deux ans. Ça peut aussi être des services structurels. 100.000 euros, ça peut être beaucoup de choses, donc ça nous aiderait beaucoup“.
Les personnes qui souhaitent faire un don peuvent se rendre sur le site d’Infirmiers de rue et sélectionner le projet “Un pas, un toit !”. La cagnotte se clôturera le 31 mai, jour de la course.
■ Reportage de Maël Arnoldussen et Nicolas Scheenearts