“L’incertitude nous fait peur”: IBM Belgique licencie 57 employés
“Plus que les licenciements, les employés ont peur de l’incertitude: que va-t-il se passer avec IBM?”
La direction d’IBM Belgique, à Haren, va réduire ses effectifs de plus de 10%, soit 57 employés, dans le cadre d’un nouveau “plan de transformation”, ont annoncé mardi les syndicats. Cette restructuration implique le lancement d’une procédure Renault de licenciement collectif. Selon le front commun syndical (SETCa, CNE, CGSLB et ACV Puls), la direction motive cette décision par la nécessité d’améliorer la productivité et de maîtriser les coûts afin de maintenir sa compétitivité dans les secteurs du cloud hybride et de l’intelligence artificielle (IA).
■ Reportage de Romain Vandenheuvel
Le plan présenté par l’entreprise technologique s’articule autour de plusieurs axes, notamment la délocalisation de certaines activités vers des pays à bas coûts. La direction prévoit également une diminution de la main-d’œuvre liée à l’automatisation des tâches par l’IA. Les consultants sans projet facturable sont aussi ciblés par ces réductions. “C’est une surprise, car les chiffres ne sont pas mauvais, même s’il y avait des bruits de couloir“, a réagi Tim De Cang, secrétaire permanent du syndicat socialiste SETCa pour Bruxelles-Hal-Vilvorde. Les suppressions de postes cibleraient des fonctions informatiques et de conseil. Sur les quelque 500 employés que compte l’entreprise, environ 450 sont actifs et 57 sont considérés comme “inactifs” (prépension, chômage, incapacité de travail). “A priori, ce seraient eux qui seraient majoritairement licenciés”, a précisé le syndicaliste.
Les syndicats estiment qu’il n’y a “pas de nécessité de procéder à des licenciements collectifs pour des raisons économiques”. La firme technologique a enregistré un bénéfice cumulé de 80 millions d’euros au cours des quatre dernières années, rappellent-ils. “Sur une période d’un peu plus de 15 ans, IBM est passée de plus de 2.000 employés à près de 500 actuellement en usant de procédures Renault successives entrecoupées par des plans de départs volontaires.” Le camp syndical souhaite “absolument obtenir des perspectives à long terme pour son entreprise dont l’emploi est tout sauf stable“.
Des négociations entre la direction et les syndicats sont prévues dans les semaines à venir pour notamment définir les conditions de licenciements. Dans ce cadre, la direction aurait proposé une indemnité de 2.500 euros par année d’ancienneté. “Ce n’est pas assez, c’est en dessous de la moyenne“, estime le secrétaire permanent, qui espère conclure un accord d’ici le mois de juin. Les syndicats entendent également négocier des avantages pour le personnel restant, comme une augmentation des chèques-repas.
Le prochain conseil d’entreprise dans le cadre de la loi Renault se tiendra le 5 février prochain.