
L’humeur de Vanessa Lhuillier – Une culture haute et une culture populaire
Aujourd’hui, je vais vous parler de tricot ou plutôt de détricotage. A l’automne passé, prévoyant un hiver rude, l’Arizona de Bart De Wever tricote lentement mais sûrement une écharpe de mesures dont la hausse de la TVA sur une série de secteurs. Parmi eux, on retrouve évidemment les plats à emporter. Tout le monde est jeté dans la même casserole. Mais le cuisinier MR est venu mettre son grain de sel pour tout doucement défaire une première maille de l’écharpe. Non, on n’augmente pas la TVA sur la pizza surgelée, mais uniquement pour les produits qui se conservent moins de 2 jours au frigo. Bizarrement, beaucoup d’aliments ont vu leur date de péremption reculée.
A présent, c’est au tour des Engagés d’enlever un nouveau rang de points. Certainement avec une flûte empruntée à un charmeur de serpent et en jouant du Bach, Maxime Prévot a réussi à maintenir la TVA à 6 % sur le théâtre, la danse, l’opéra, le cirque et la musique classique. Il parle de culture haute qui « contribue à la cohésion et au rayonnement de notre société ». On se réjouit évidemment pour ces secteurs, mais Camille Yembé, Héléna, Puggy ou encore Alice on the Roof, ils n’aident pas à la cohésion sociale ? Un film de Bouli Lanners ou Nabil Ben Yadir qui attirent des publics variés, parfois éloignés de la cultuuuure ne méritent pas aussi d’être aidés et considérés ? Et les festivals, qui chaque année emploient des milliers de jeunes pendant l’été, et créent des souvenirs à toute une génération, eux non plus ne sont pas dignes d’une TVA maintenue à 6 % ?
Il y a donc en Belgique une culture méritante, qui grandit l’individu, et une culture populaire de l’Entertainment qui n’a pas besoin d’argent car elle rencontre un succès commercial. Ce nouveau détricotage risque d’entraîner un rang de recours au Conseil d’État pour discrimination et l’Arizona risque de se retrouver fort dépourvue lors du prochain ajustement budgétaire.