Le père de Loup Bureau dénonce l’acharnement d’Ankara

Loup Bureau - PétitionLe père du journaliste français détenu en Turquie Loup Bureau a dénoncé vendredi l'”acharnement” des autorités turques et regretté le “silence général” de la classe politique française depuis le 26 juillet, jour de l’interpellation de son fils, étudiant de l’Institut des hautes études de communications sociales (Ihecs) à Bruxelles.

Alors qu’une première visite consulaire devait avoir lieu selon lui ce vendredi à la prison de Sirnak, dans le sud-est du pays, après quatre demandes rejetées, Loïc Bureau a confié à l’AFP vivre un “ascenseur émotionnel”. “Mon fils est victime d’un acharnement. La Turquie a franchi un cap dans la pression qu’elle met sur les journalistes français. Trois ont été arrêtés en très peu de temps, j’ai du mal à croire que c’est un hasard.” Le photojournaliste français Mathias Depardon, détenu un mois en Turquie après avoir été arrêté pendant un reportage dans le sud-est, a notamment été expulsé le 10 juin vers la France. Loïc Bureau déplore l’instrumentalisation par les autorités turques de la détention de son fils: “Nous avons compris qu’il est pris dans un jeu. On sent bien qu’en réalité cette accusation n’est qu’un prétexte et qu’ils ne croient pas réellement à sa culpabilité.”

Loup Bureau, journaliste indépendant qui a collaboré avec les médias TV5 Monde, Arte et Slate, avait été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l’Irak et la Turquie, après que des photos datant de 2013 le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (mouvement considéré comme “terroriste” par Ankara) eurent été trouvées en sa possession. Son père a eu vendredi un entretien avec un conseiller du ministre français des Affaires étrangères “pour faire un point sur les démarches de la France”, dont il regrette le “silence politique général”. “Le silence au plus haut niveau de l’État peut avoir pour raison (…) de travailler dans la discrétion, mais est difficile à vivre quand on est parent”. Selon Loïc Bureau, le projet de transfert de son fils de Sirnak vers une autre prison située à Van, plus proche de la frontière avec l’Iran, n’a pas été abandonné. Il isolerait davantage le journaliste de 27 ans, qui n’a de contact avec le monde extérieur que par l’intermédiaire de son avocat turc.

Les organisations de défense de la liberté de la presse dénoncent des atteintes régulières de la part des autorités turques. La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

Belga

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11 août 2017 - 13h43