Des ONG dénoncent les mesures prises par Maggie De Block

Les demandeurs d’asile visés par les dernières mesures de la ministre Maggie De Block sont présentés à tort comme abusant de la procédure ou du système d’asile, ont dénoncé mardi plusieurs ONG engagées sur le terrain.

Face à la saturation du réseau d’accueil, Mme De Block a annoncé samedi que seraient désormais exclus de l’accueil deux catégories de demandeurs de protection internationale. La première touche les migrants concernés par la procédure dite de Dublin: ils sont entrés dans l’Union européenne par un État désigné responsable de leur demande de protection, mais sollicitent une protection de la Belgique. “Contrairement aux affirmations de la ministre, ces demandeurs ne sont ni des fraudeurs, ni des abuseurs. En application du règlement Dublin, ils ont le droit de demander l’asile en Belgique et donc d’être accueillis dans le réseau de Fedasil“, l’agence en charge de l’accueil de ces personnes, affirment les ONG (CIRé, Ligue des Droits Humains, Avocats.be, Bxl Refugees, Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde et Nansen).

Elles soulignent que parmi ces personnes, il y a notamment des migrants passés par le camp surpeuplé de Moria en Grèce, “connu pour ses conditions d’accueil non-conformes à la dignité humaine.” L’autre catégorie concernée est celle des personnes ayant déjà obtenu le statut de protection dans un autre État européen. Selon les ONG, elles présentent une demande de protection en Belgique “parce qu’elles ne sont pas en sécurité dans ce (premier) pays, ou qu’elles y font l’objet de fortes discriminations“.

Un nouveau statut de protection peut leur être octroyé si elles démontrent que les conditions de vie dans l’État où elles avaient reçu un statut constituent un traitement inhumain et dégradant contraire à la Convention européenne des droits de l’Homme. “On pense notamment au jeune Érythréen qui s’est donné la mort au centre fermé de Vottem en octobre 2017. Il était reconnu réfugié en Bulgarie, où il avait été victime d’une tentative de meurtre à coup de hache en raison de sa couleur de peau. La Belgique avait malgré tout décidé de l’y renvoyer“, exposent les ONG.

Elles affirment que non seulement ces deux catégories de personnes n’abusent pas de la procédure d’asile, mais que c’est au Commissariat général aux Réfugiés et Apatrides (CGRA), et non aux structures d’accueil, de décider de leur besoin de protection après un examen individualisé de leur dossier. La saturation du réseau Fedasil est à leurs yeux “la conséquence de la non-anticipation des décisions politiques et du délai extrêmement long de la procédure.” Pour elles, l’État décide en réalité d’augmenter la charge assumée par les citoyens qui hébergent des demandeurs d’asile “alors que, selon la loi, ils ont droit à l’accueil.” “Si le réseau est saturé, nous demandons qu’un logement provisoire soit offert aux demandeurs jusqu’à ce qu’une place adaptée soit désignée.” Les organisations étudient les possibilités de contester les décisions de la ministre.

Source/Image: Belga

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07 janvier 2020 - 15h49
Modifié le 07 janvier 2020 - 15h49