Asbl BRAVVO : un management contesté et des soupçons de discrimination

Asbl BRAVVO : un management contesté et des soupçons de discrimination - BX1

Les animateurs licenciés espèrent pouvoir rencontrer les coordinateurs de l’ASBL BRAVVO. En cas d’absence de négociations, les animateurs porteront plainte auprès du tribunal de travail pour licenciement abusif.

L’asbl communale de prévention BRAVVO est dans la tourmente après le licenciement le 23 avril dernier de quatre animateurs du centre Averroès, qui fait de la prévention et de l’animation à la Cité Modèle, à Laeken. On leur reproche des “trous” dans le financement de voyages, selon la RTBF, qui a divulgué l’information lundi. “On parle de 400-500 euros pour ces quatre personnes et ce sont des gens qui ont travaillé pendant deux ans sans coordination”, explique Mathieu Verhaegen, délégué syndical CGSP.

Les quatre personnes licenciées se défendent, elles estiment que les dossiers à charge sont montés de toute pièce. Concernant le détournement de fond, une source anonyme proche du dossier nous affirme : “On dit qu’il y a eu des trous dans les caisses, mais les animateurs n’ont pas accès à des cartes de banque et doivent justifier tous les paiements effectués. On leur reproche également des dépenses injustifiées lors de voyages à l’étranger, mais les coûts étaient prévus et annoncés“.  Autre reproche : des absences répétées. Sur ce point, notre source nous explique que “rien ne tient la route. On leur reproche de ne pas avoir été en fonction à des moments où ces personnes étaient soit à l’étranger, soit elles n’occupaient pas encore le poste pour lequel l’absence est signalé“.

Un management “toxique”

Les animateurs licenciés et plusieurs sources dénoncent aussi ce qu’ils nomment comme “un management abusif”. “C’est un management de la peur. Les gens craignent de venir travailler au quotidien” nous affirme notre source. Elle accuse également la direction de discrimination à l’embauche. Un mail datant de 2016 indique que le profil recherché pour une offre d’emploi d’animateur  doit être “(…) idéalement, fille, autre origine que maghrébine (…)“.

Selon Patrick Charlier, co-directeur de Unia, le centre interfédéral pour l’égalité des chances et de lutte contre le racisme : “La manière dont ce mail est formulé pose question. La volonté pour une ASBL d’apporter plus de diversité à son personnel est légitime, mais on ne peut exclure des personnes sur base de leur origine ou de leur sexe. C’est compréhensible de vouloir changer une réalité sociologique, mais il y a d’autres procédés pour le faire. En résumé, il y a discrimination au sens juridique, mais ce n’est pas moralement répréhensible“.

Un des derniers points évoqués, la gestion quotidienne du centre. Selon le délégué syndical CGSP, il n’y a plus personne en activité, à l’exception du responsable de la bibliothèque. Les jeunes du centre se mobiliseraient actuellement pour dénoncer la situation.

A.G. – Photo : Google Map

 

 

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10 mai 2018 - 10h35