Accident à Schaerbeek : il faut saisir les voitures des chauffards, réclame un collectif

Le collectif 1030/0 réclame diverses mesures après l’accident survenu à Schaerbeek au coin de la chaussée d’Helmet et de la rue Waelhem, notamment offrir la possibilité à la police de saisir le véhicule d’un chauffard.

La commune bruxelloise connaît une série noire depuis plus d’un an. Plusieurs accidents graves dus à des chauffards s’y sont produits, le dernier en date étant celui provoqué par un homme en état de récidive, roulant sans permis de conduire, et qui a mené une fille de 14 ans à l’hôpital. L’émotion est vive dans le quartier. Le collectif a organisé jeudi soir une réunion à laquelle ont participé une septantaine de personnes ainsi que l’échevine de la mobilité. Le collectif préconise d’adopter plusieurs mesures. “Nous avons développé plusieurs propositions concrètes de réaménagement de certaines rues. Mais nous voulons aussi plus de contrôles et permettre à la police d’agir plus efficacement“, a expliqué l’un des coordinateurs, Pieter Fannes.

Le collectif veut s’inspirer de ce qui se fait à Malines et Anvers où la police peut saisir pour une durée de 6 mois une voiture conduite par un chauffard au motif qu’elle est considérée comme une arme. La mesure repose sur l’article 30 de la loi de police qui permet à un agent de soustraire à la disposition de son détenteur un objet qui présente un danger pour l’intégrité physique des personnes. “A Malines, cela a effrayé“, a assuré Pieter Fannes. Le chauffeur serait privé de son véhicule pendant une longue période ou devrait s’acquitter de plusieurs mois de location si la voiture est louée, comme dans le cas de jeudi.

Le conseiller communal et député régional Arnaud Verstraete (Groen) a déjà interpellé le bourgmestre, Bernard Clerfayt, sur la question. Il reviendra à la charge mardi au conseil de police et mercredi au conseil communal.

A la commune, on ne ferme pas la porte à une telle initiative mais on se montre prudent sur la question, et ce d’autant plus qu’en 6 mois, cet outil n’aurait été utilisé que deux fois en Flandre. La mesure fait l’objet d’une étude par les six zones de police bruxelloises en concertation avec le parquet, a-t-on indiqué au cabinet de Bernard Clerfayt. Une autre méthode est privilégiée pour le moment. Elle repose sur l’intervention d’un juge et a déjà permis la saisie de trois véhicules en quelques semaines. Quant aux contrôles, ils ont considérablement augmenté en un an: leur nombre dans la zone de police Bruno (Schaerbeek, Saint-Josse, Evere) a plus que doublé entre 2017 et 2018 et le nombre d’accidents avec lésion corporelle a baissé de 6% entre janvier-avril 2018 et la même période en 2019. En attendant, la mobilisation citoyenne se poursuit.

Le 28 mai, à la suite d’un accident survenu devant une école dans le même quartier, des ours en peluche avaient été accrochés aux barrières. Après l’accident de jeudi, le collectif 1030/0 va mener très prochainement une action de sensibilisation. Si les contrôles ont augmenté, leurs résultats font parfois froid dans le dos: certains d’entre eux ont montré une vingtaine de cas de chauffards roulant à 90 km/h voire à 100 km/h à proximité de la Maison communale, a expliqué Arnaud Verstraete.

Belga

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14 juin 2019 - 17h32