La croissance démographique ne cesse d’être revue à la baisse

Le Mini Bru 2020 est arrivé. Comme chaque année, l’IBSA (Institut bruxellois de statistiques et d’analyse) a compilé les données chiffrées de la Région. Cet outil sert ensuite d’indicateurs pour les politiques à mener dans les années à venir. Petit tour d’horizon des principaux indicateurs.

Au 1er janvier 2019, nous étions 1.208.542 Bruxellois avec une densité moyenne de 7.441 habitants/km². Evidemment, cette donnée varie fortement d’une commune à l’autre. La plus densément peuplée reste Saint-Josse (23.324) suivie de Saint-Gilles (19.892) et Schaerbeek (16.879). A l’inverse, la commune la moins peuplée est Watermael-Boitsfort avec 1.941 hab/km² mais il faut rappeler que la commune est en grande partie composée de la forêt de Soignes.

La Région bruxelloise reste plus jeune que l’ensemble du pays. Les moins de 18 ans représentent 22,9% de la population contre 20,2% au niveau national. Plus d’un Bruxellois sur trois n’a pas la nationalité belge. En 2019, on compte 422.097 personnes de nationalité étrangère soit 4.990 de plus que l’an passé. Les Français forment toujours la plus grande communauté dans les ressortissants de l’Union européenne. Dans les pays hors UE, c’est le Maroc qui se retrouve en haut du classement. Les Turcs et les Syriens représentent chacun 2% des étrangers.

Une croissance démographique en diminution

Un fait important doit être souligné. La croissance démographique ralentit de manière assez spectaculaire. L’an dernier, l’IBSA se projetait en 2025 et prévoyait une population de 1,253 million de personnes. Dans cette édition 2020, le centre se projette en 2030 et estime que la capitale comptera 1,245 million d’habitants. Ces chiffres doivent être pris avec prudence mais ils vont alimenter les nombreux débats sur les plans d’aménagement et la densification de la ville. Certes, la population bruxelloise poursuit sa croissance mais elle ralentit très fortement.

Actuellement, il faut toujours construire plus de logements. Entre 2017 et 2018, on compte 2.000 habitations de plus. Or, selon les chiffres de Perspective, il faudrait construire 7.000 logements supplémentaires pour répondre à la demande actuelle. Mais si la croissance diminue, la densification doit-elle être si importante? On sait que l’érection de tous faut débat. Elles pourraient être remises en question par ces données. En tout cas, cela n’est pas la volonté du gouvernement. Pour le cabinet du ministre-président Rudi Vervoort (PS), hors de question de revoir le nombre de logements prévus dans les Plans d’aménagement directeur (PAD). Selon lui, le nombre de logements actuellement prévu ne permet pas d’absorber la croissance

Par contre, quand on regarde la pyramide des âges, une chose est certaine, il faut continuer à investir massivement dans les écoles primaires et secondaires.

Quel type de logements construire?

Les statistiques de l’IBSA se portent aussi sur la composition familiale des Bruxellois. Quelque 45,9% des ménages ne sont composés que d’une personne, 19,2% sont des couples mariés avec enfant et 11,6% sont des familles monoparentales. En moyenne, un ménage est composé de 2,17 personnes. Ce chiffre est essentiel pour la planification des nouveaux ensembles de logements qu’ils soient privés ou publics. Il faut le croiser avec le type d’appartements qui existent déjà dans la capitale afin de voir ce qui manque. On sait en tout cas qu’au niveau des ventes de logements, l’appartement deux chambres reste le bien le plus demandé sur le marché.

Des indicateurs économiques en forme

Il faut aussi être attentif au tarif du logement. Il doit évidemment rester abordable pour la majorité de la population. Même si le taux de chômage poursuit sa baisse, 32,6% des Bruxellois vivent sous le seuil de risque de pauvreté. Pour les autres, le revenu disponible moyen par habitant a augmenté en 2016 par rapport à 2015. Il atteignait les 17.590 euros par an.

Du côté économique, la Région bruxelloise continue à fournir un PIB plus important par rapport à son nombre d’habitants que les autres Régions du pays. Par contre, entre 2017 et 2018, le nombre d’emplois salariés a diminué. Le nombre global d’emploi a tout de même augmenté car les Bruxellois sont de plus en plus nombreux à créer leur propre job d’où la nouvelle campagne de la Région pour encourager la création de son travail.

Par contre, une donnée ne change pas. Les communes du sud de la capitale sont toujours celles où les revenus sont les plus importants. La fracture du canal reste encore et toujours une réalité.

Vanessa Lhuillier – Photo: Belga/Herwig Vergult