Les Engagés et le CD&V appellent à un accord rapide pour le budget fédéral: “Tout le monde va devoir faire un pas”
La démission de Bart De Wever ouvre une période d’incertitude au sein du gouvernement fédéral. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir de la coalition Arizona.
Le président des Engagés, Yvan Verougstraete, estime qu’il y a encore une voie à trouver pour sortir le gouvernement fédéral de la crise à condition que chaque partenaire y mette toutefois du sien, a commenté l’intéressé lors de son arrivée mardi au Palais où il a été reçu en audience par le Roi.
“Ce n’est pas encore fini, mais tout le monde va devoir faire un pas“, a confié le centriste à la presse présente devant les grilles du Palais. M. Verougstraete est le premier des présidents de parti de la majorité Arizona que le souverain a décidé de recevoir après la démission présentée lundi par le Premier ministre Bart De Wever suite à l’échec des négociations budgétaires.
►Lire aussi | Budget fédéral : “Il reste une très petite marge” pour éviter les douzièmes provisoires, estime Denis Ducarme
Pour le président des Engagés, une solution doit être trouvée. “C’est pour quoi nous sommes payés, c’est pour quoi nous sommes élus“, a souligné l’eurodéputé. “Nous jouerons le jeu jusqu’à la dernière seconde. C’est notre responsabilité“.
Le chef de file des Engagés a par ailleurs rejeté mardi l’offre de service des libéraux flamands pour constituer une majorité alternative. “Nous avons une équipe et un entraîneur, et c’est avec cette équipe et cet entraîneur que nous devons absolument trouver une solution dans les prochains jours. Je pense que nous devons tout faire pour y arriver“.
Le gouvernement doit se réunir au plus vite, plaide Sammy Mahdi
“Le gouvernement doit se réunir au plus vite. On n’a pas le luxe de se permettre encore longtemps ces petits tours”, a expliqué le président du CD&V, Sammy Mahdi, à son arrivée au Palais royal. “Certains partis ne comprennent pas l’urgence de la situation: si on ne trouve pas au plus vite les 10 milliards, ceux-ci vont devenir 11, 12, 13 milliards (…) Le contexte de la Grèce n’est pas aussi loin qu’on voudrait le croire”.
Le président des chrétiens démocrates flamands n’a pas cité nommément le MR et Vooruit, présentés comme les plus opposés au sein du gouvernement sur la façon de réaliser cet effort de 10 milliards d’euros d’ici 2029. Il a visé “la gauche” et “la droite”. “L’importance aujourd’hui, c’est d’avoir un accord au plus vite, faire en sorte que la gauche et la droite, face aux tabous qui existent pour que l’Etat soit plus rationnel ou quand on parle des épaules les plus larges, y mettent du leur pour éviter que ce soit la classe moyenne qui paie la facture”, a-t-il souligné.
► Bruxelles Breakfast | Crise fédérale: Ecolo dénonce le résultat d’une “obsession budgétaire”
A entendre, M. Mahdi, il n’est pas utile de réunir à nouveau les présidents de parti, comme l’a suggéré il y a peu son collègue du MR, Georges-Louis Bouchez. “Un ministre est membre d’un parti. En tant que président du CD&V, je sais ce que Vincent (Van Peteghem, vice-Premier ministre chrétien démocrate) fait autour de la table. Je n’ai pas besoin d’y être. Ca ne tourne pas autour de moi et ça ne doit pas tourner autour des présidents de parti”.
Le CD&V exhorte ses partenaires de majorité à ne pas céder à la tentation des formules choc dans les médias. “J’entends beaucoup de chouettes slogans de certains ces dernières 24 heures mais aujourd’hui chaque parti doit faire preuve du sens des responsabilités. En tant que parti, le CD&V n’est pas content de tout ce qui est proposé mais on le dit autour de la table”, a-t-il encore indiqué.
Belga – Photo : Belga