Vers une réouverture de l’église orthodoxe d’Etterbeek à tous les fidèles
La cour d’appel de Bruxelles vient de rendre un arrêt qui devrait ouvrir la voie à la réouverture de l’église orthodoxe des Saints-Panteleimon-et-Nicolas, située à Etterbeek, à tous les fidèles, et non plus aux seuls fidèles du patriarcat de Moscou, comme c’était le cas depuis six ans. C’est ce qu’annonce mercredi l’ASBL Conférence de St-Pantéleimon (Copa) sur la base de la décision de justice.
La Copa est propriétaire de deux églises orthodoxes à Bruxelles : celle d’Etterbeek et une autre à Ixelles. L’association a été fondée pour garantir l’indépendance et la vocation propre de ces lieux, explique-t-elle, ajoutant être animée d’un esprit de liberté “difficilement conciliable avec celui d’une structure ecclésiastique proche des autorités russes comme l’est le patriarcat de Moscou“. Avant l’éclatement du litige, elle comptait alors parmi ses membres autant de fidèles des deux églises.
Puis, en 2019, les deux communautés ont dû opérer un choix de rattachement ecclésiastique. Celle d’Ixelles s’est placée dans la métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale, tandis qu’à Etterbeek, certaines personnes ont pris la décision de rejoindre le patriarcat de Moscou, mais en excluant des paroissiens historiques de la communauté qui étaient aussi membres de la Copa.
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Début 2020, les personnes qui ont pris le contrôle de la Fabrique d’église d’Etterbeek, et qui étaient donc favorables à l’orientation russe, ont changé les serrures et pris possession des lieux, privant d’accès toute personne ne partageant pas leur position, situe l’association. Pendant plus de six ans, une partie des fidèles a dès lors été exclue de son église historique, regrette-t-elle.
Le dialogue n’ayant pas fonctionné, le litige s’est poursuivi devant les tribunaux. Tant en première instance, en 2022, qu’en appel, en ce mois de juin, “la justice a confirmé que l’immeuble appartient à la Copa et que son occupation par la Fabrique d’église ne reposait sur aucun droit opposable“, se félicite l’ASBL. Elle déplore que “les décisions de justice successives n’ont pas été respectées par la Fabrique d’église, malgré sa reconnaissance par la Région de Bruxelles-Capitale, reconnaissance qui suppose qu’un établissement cultuel public respecte les décisions de l’État de droit“. Après plus de six années de blocage, l’arrêt de la cour d’appel permet enfin d’envisager un retour à la normale, espère la Copa.
Les personnes qui ont volontairement choisi d’adhérer à l’Église russe sont tout à fait libres de pratiquer leur culte ailleurs, affirme-t-elle encore. Mais elles ne peuvent en revanche se maintenir dans un bien qui ne leur appartient pas, insiste l’ASBL.
“La réalité des faits établis par les décisions de justice successives montre que ces personnes ne sont pas crédibles lorsqu’elles tentent de faire croire qu’elles sont dans les lieux depuis un siècle et soumises à une décision brutale“, conclut-elle.
Belga