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Plus de 80 entreprises vent debout contre les coupes chez hub.brussels: “La compétitivité de Bruxelles risque d’être durablement fragilisée”

La perspective de coupes importantes dans le réseau international de hub.brussels suscite l’inquiétude d’entreprises, qui alertent sur leurs effets potentiels pour l’économie bruxelloise.

La réduction des moyens alloués au budget international de hub.brussels de deux tiers pourrait avoir des conséquences graves pour de nombreuses entreprises bruxelloises. 86 entrepreneurs et représentants d’entreprises font part, dans une lettre adressée au gouvernement bruxellois, de leur “profonde préoccupation” face à cette décision qui “risque en réalité de fragiliser durablement la compétitivité de Bruxelles et de compromettre la prospérité de nos entreprises“. Le gouvernement assume une rationalisation qu’il juge nécessaire face à la situation budgétaire.

33 bureaux de hub.brussels à travers le monde sont menacés par les coupes budgétaires. À quoi servent-ils ? Nicolas Nève, délégué pour le marché polonais et ukrainien basé à Varsovie, explique son rôle : “Notre mission est de répondre aux besoins des entreprises sur nos marchés, de développer des opportunités et d’attirer à Bruxelles des sociétés étrangères pour qu’elles y investissent et s’y implantent.” Concrètement, les bureaux accompagnent les entreprises, les mettent en relation avec des partenaires locaux, peuvent résoudre certains problèmes et organisent des rendez-vous ou des événements pour faciliter leur développement à l’international.

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Avec les coupes budgétaires, estimées à 6 millions d’euros d’ici 2029, des antennes pourraient fermer et certaines entreprises ne pourront peut-être pas décrocher des contrats qu’elles auraient pu avoir. “Bruxelles est une économie ouverte et de petite taille. Notre marché domestique est limité, et les exportations représentent un tiers de la valeur ajoutée bruxelloise et 28 % de l’emploi. Dans un monde volatil, une présence internationale forte est indispensable pour soutenir nos entreprises et préserver notre prospérité“, s’inquiètent les signataires de la lettre parmi lesquels figurent notamment Le Pain Quotidien, AW LAB, Manufacture Belge de Chocolats, Pégi Gaufres ou Zetes.

Un risque de décrochage face aux autres Régions

Ils font remarquer que Bruxelles coupe tandis que la Flandre et la Wallonie renforcent leurs réseaux à l’étranger dans certains postes stratégiques. “Bruxelles ne peut se permettre de réduire sa présence sans stratégie claire. Cela créerait un déséquilibre compétitif, avec des conséquences négatives sur notre internationalisation, ce qui est nécessaire pour la croissance et l’emploi.

Les bureaux internationaux sont “un levier crucial” pour les petites ou moyennes entreprises, précisent également les signataires. “Identification d’opportunités, accès aux réseaux locaux, réduction des risques. Leur impact est validé par des études internationales (Banque mondiale, OCDE, OMC). Les supprimer, c’est se priver d’un outil efficace et rentable.

Nicolas Nève évoque une crainte supplémentaire, également soulignée par les entrepreneurs : “Nous avons un accord avec l’AWEX et Flanders Investment & Trade (FIT) qui permet aux entreprises bruxelloises d’être soutenues par un attaché même dans les pays où nous (hub.brussels, ndlr) n’avons pas de bureau. Mais si Bruxelles ne le respecte plus, est-ce que cet accord va pouvoir continuer?

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Parmi les conséquences, encore compliquées à objectiver, le représentant en Pologne évoque, notamment, le risque de voir des entreprises, surtout des PME, renoncer à se développer à l’international faute de moyens et de temps pour prospecter seules.

Affaiblir le soutien à l’export, c’est envoyer un message de repli, contraire aux ambitions internationales affichées par le gouvernement.

La décision est annoncée dans un contexte où Boris Dilliès affiche sa volonté de “remettre Bruxelles sur la scène internationale“. Les entrepreneurs y voient une incohérence : “Affaiblir le soutien à l’export, c’est envoyer un message de repli, contraire aux ambitions internationales affichées par le gouvernement.

Un manque de concertation dénoncé

Tout simplement, les entreprises voudraient qu’on les écoute“, insiste Nicolas Nève, qui assure qu’aucun dialogue n’a eu lieu entre le gouvernement et les différents secteurs.

Dans leur lettre, les signataires reconnaissent le contexte budgétaire actuel de la Région, mais plaident pour une autre marche à suivre : “Une réorganisation du réseau international de hub.brussels basée sur les besoins des entreprises, pour une stratégie centrée sur l’impact économique et la pérennisation des services. Des solutions existent : elles méritent d’être explorées”, assurent-ils. “Un réseau international performant n’est pas un coût, mais un investissement dans l’avenir de Bruxelles et de ses entreprises.

Au-delà des conséquences pour les entreprises, l’inquiétude règne aussi pour les employés de ces bureaux internationaux qui vivent, pour beaucoup d’entre eux, depuis de nombreuses années dans ces pays. “Certaines personnes devraient, peut-être, brusquement rentrer à Bruxelles. Certaines personnes seront licenciées… mais nous n’avons aucune communication là-dessus”.

“Ce ne sont pas des efforts faits de gaieté de cœur”

Suite à l’annonce, le ministre bruxellois de l’Emploi et de l’Economie (Les Engagés) Laurent Hublet avait réagi dans l’émission Bonjour Bruxelles : “Ce ne sont pas des efforts faits de gaieté de cœur, par personne. Mais on paye 500 millions d’euros de charges d’intérêt. Si les taux d’intérêt augmentent de 1% dans les semaines qui viennent – ce qui est tout à fait possible – c’est 150 millions d’euros qu’on va payer en plus. A un moment donné, on doit faire des efforts“, expliquait-il. Laurent Hublet assurait également que le gouvernement bruxellois aidera les entreprises “à se développer à Bruxelles et à grandir depuis Bruxelles” : “On a besoin qu’elles exportent vers la Flandre, la Wallonie et les pays proches. Je ne suis pas certain que l’exportation vers Cuba était une priorité aujourd’hui.

Boris Dilliès, interrogé par La Libre, estime que “rationalisation ne signifie pas forcément affaiblissement“. Le ministre-président affirme que la rigueur budgétaire vise à recentrer les moyens sur les missions prioritaires et les actions jugées efficaces pour le rayonnement de Bruxelles, plutôt qu’à les disperser.

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Selon nos confrères, le budget du réseau s’élève à 10,2 millions d’euros et l’économie s’élèvera à 3 millions d’euros dès cette année. Une économie supplémentaire d’un million d’euros est prévue chaque année pour atteindre les 6 millions en 2029. Nos confrères ajoutent à cela les coupes linéaires imposées par le ministre du Budget, Dirk De Smedt, qui s’élèvent à 1,4 million.

Maxime Dieu – Photo : Belga Image

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