Le réalisateur et écrivain bruxellois Frédéric Sojcher se confie sur le viol qu’il a subi, enfant

Dans un texte ajouté lors de la réédition de son livre, le réalisateur et écrivain bruxellois Frédéric Sojcher s’est confié sur le viol qu’il a subi, à onze ans.

C’est dans un court passage, ajouté parmi les ultimes pages de la réédition de son livre, “Main basse sur le film” (qui relate le tournage de son premier long-métrage, “Regarde-moi“), que le réalisateur et écrivain bruxellois, Frédéric Sojcher, a révélé le viol dont il a été victime alors qu’il avait onze ans, en 1978, rapportent Paris Match et Le Soir.

Son agresseur est un écrivain parisien, ami de son père, décédé en 2013. C’est au moment du décès de cet homme que Frédéric Sojcher s’est confié à son père, l’écrivain et poète Jacques Sojcher, après des décennies de silence sous la menace de son agresseur. “Je n’ai pas eu de mal à tenir parole. J’avais un terrible sentiment de culpabilité (…) Il a fallu qu’il meure, mon abuseur, pour que je fasse le rapport entre le viol et le sujet de mon film“. Car son film, tourné en 2000, raconte la vengeance d’une jeune femme violée par un ami de son père.

► Emission | David Courier recevait, en 2017, Frédéric Sojcher dans LCR

Dans une interview mercredi accordée au journal Le Soir, Frédéric Sojcher est notamment revenu sur son traumatisme (“jusqu’à sa mort, j’avais continué à avoir peur de lui, à être encore sous son emprise“), l’impact sur sa famille (“je voulais aussi protéger mes parents, je savais qu’ils n’y étaient pour rien“) ou encore le fiasco que fût son premier film (“si le lien entre le sujet de mon premier long-métrage et le viol subi à onze ans me semble aujourd’hui indéniable, je pense qu’il y a en plus un rapport entre l’état de sidération que j’ai eu à onze ans et la sidération ressentie face à la dérive de mon tournage en Grèce“).

 

ArBr – Photo : BX1

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08 avril 2021 - 09h10
Modifié le 08 avril 2021 - 09h10